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La commission permanente de la sécurité routière a examiné, ce mardi, le programme de travail relatif à la sécurité routière pour la période 2026–2030, lors d’une réunion présidée par Abdel-Samad Qiyouh, ministre des Transports et de la Logistique. Cette réunion s’est déroulée dans un contexte marqué par une inquiétude croissante concernant l’évolution des indicateurs des accidents de la route au Maroc, et le programme sera soumis à la commission inter-ministérielle pour approbation.
Cette réunion a été consacrée à l’évaluation des résultats en matière de sécurité routière, particulièrement pour l’année 2025, qui a enregistré des chiffres préoccupants concernant le nombre d’accidents de la route, notamment ceux impliquant des motos. Il était nécessaire d’identifier les faiblesses et de proposer des solutions pratiques pour réduire l’hécatombe routière.
Qiyouh a affirmé que la réunion de la commission permanente constituait une évaluation globale de la situation, dominée par les chiffres inquiétants enregistrés au cours de l’année 2025, en particulier pour les accidents de la moto. Il a souligné que l’une des principales attributions de cette commission est justement d’évaluer la situation et de proposer des solutions visant à protéger la vie des usagers de la route.
Le ministre des Transports et de la Logistique a également indiqué que l’Agence nationale de la sécurité routière a présenté un projet ambitieux visant à réduire de 50 % le nombre de décès dus aux accidents de la route d’ici 2030 par rapport aux années précédentes.
Il a précisé que ce projet comprend des mesures législatives, y compris la révision de plusieurs articles du Code de la route, ainsi que l’élaboration d’une structure financière collaborative réunissant divers partenaires, afin de fournir les équipements nécessaires, en particulier les radars et les moyens de surveillance et de soutien logistique.
Qiyouh a souligné que la mise en œuvre du programme de travail ne se fera pas uniquement de manière centralisée, mais sera également soutenue par l’organisation de réunions régionales au niveau territorial, afin d’adapter les interventions aux spécificités de chaque région, que ce soit en termes de ressources disponibles ou des problématiques rencontrées ou des perceptions locales liées à la sécurité routière.
Il a ajouté que les conclusions de ces rencontres régionales seront soumises à la commission inter-ministérielle, qui sera chargée de l’approbation finale du programme de travail sous ses volets financier et logistique, avant le début de sa mise en œuvre.
Lors d’une présentation diagnostique devant les acteurs du système de sécurité routière, Nasser Boulaghlal, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière, a présenté un bilan détaillé de la situation des accidents de la route au Maroc, passant en revue les évolutions observées et les défis persistants, ainsi que les principales caractéristiques de la révision de la stratégie nationale de sécurité routière à l’horizon 2030.
Boulaghlal a expliqué que les données statistiques ont montré des résultats positifs pour certaines catégories, notamment une baisse du nombre de victimes parmi les enfants de moins de 18 ans, ainsi que dans le secteur du transport professionnel, avec une stagnation relative du nombre de décès en milieu urbain et une réduction notable des décès sur les routes nationales, grâce au développement du réseau routier et à l’ouverture de nouvelles voies rapides.
En revanche, il a mis en garde contre l’augmentation préoccupante du nombre de victimes parmi les motocyclistes, leur proportion étant passée de 28 % en 2015 à environ 42 % actuellement. Il a également noté une légère augmentation des décès parmi les piétons, tandis que les décès de passagers de voitures particulières ont diminué grâce à l’amélioration des équipements de sécurité dans les véhicules.
Concernant l’évaluation des politiques publiques, Boulaghlal a indiqué que le premier programme de travail pour la période 2017–2021 a atteint un taux de réalisation de plus de 78 %, tandis que le taux de réalisation des cinq programmes nationaux structurants a été d’environ 81 %. Toutefois, l’évaluation régionale a révélé une faiblesse notable dans la mise en œuvre territoriale, le taux de réalisation n’atteignant pas 32 %.
Le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière a signalé plusieurs déséquilibres structurels, notamment un manque de clarté dans la gouvernance, une faible coordination régionale, ainsi que la nécessité de mettre à jour le cadre juridique, en particulier en ce qui concerne les sanctions pénales et la réglementation des motos, en plus des limitations du système de contrôle traditionnel et de l’absence d’une culture ancrée de la sécurité routière.
Dans ce contexte, Boulaghlal a annoncé la mise à jour de la stratégie nationale de sécurité routière au lieu d’élaborer une nouvelle stratégie, tout en prolongeant son horizon jusqu’à 2030, en conformité avec les engagements internationaux du Maroc et les transformations institutionnelles, notamment la création de l’Agence nationale de la sécurité routière.
Il a conclu en insistant sur le fait que le succès de cette stratégie dépendra de clarifications concernant les mécanismes de gouvernance, de la disponibilité de ressources financières suffisantes, et d’un renforcement de la coordination entre les différents intervenants, soulignant que la sécurité routière est une question stratégique touchant au droit à la vie et nécessitant un engagement collectif pour obtenir des résultats concrets sur le terrain.

