“Loin de la Mer” entre dans les salles marocaines en évoquant la mémoire de la migration et les questions du déracinement
Les salles de cinéma marocaines se préparent à accueillir un nouveau film intitulé “Loin de la Mer”, réalisé par le cinéaste marocain Saïd Hamich, à partir du 21 janvier. Ce film a suivi un parcours remarquable, récoltant de nombreux prix lors de festivals nationaux et internationaux, consolidant ainsi sa présence sur la scène cinématographique.
Dans ce long-métrage, Hamich aborde des problématiques humaines complexes, notamment celle de la migration, en remontant à la décennie des années 1990, considérée comme une période cruciale dans l’histoire de la migration maghrébine vers l’Europe, chargée de grands rêves, de fractures et de questions existentielles profondes.
Le film, d’une durée de 117 minutes, raconte l’histoire d’un jeune Marocain nommé “Noor” qui émigre de manière irrégulière vers la ville de Marseille en France. Accompagné de ses amis algériens, il tente de gérer les détails de la vie quotidienne, oscillant entre la recherche d’emploi et les moments de joie, au sein d’une réalité sociale caractérisée par la précarité et l’aliénation.
Le réalisateur a opté pour une variété d’espaces intérieurs et extérieurs, ce qui confère au film une diversité visuelle frappante et permet de rendre l’atmosphère de l’exil avec une poésie réaliste. Le récit maintient un rythme équilibré qui capte l’attention du public sans négliger la profondeur humaine des images.
Le film suit la trajectoire de “Noor”, qui navigue entre la douleur de la séparation d’avec ses racines et la force de son attachement à ses rêves, tout en respectant les valeurs de son pays d’origine face au choc de modes de vie nouveaux. Cela soulève des questions sur l’identité, la liberté et l’intégration.
“Loin de la Mer” ouvre un large débat sur l’intégration des migrants dans les sociétés d’accueil, accompagnée de défis sociaux, culturels et économiques, dans un contexte souvent marqué par la discrimination et les contradictions.
La musique joue un rôle central dans le film, Hamich intégrant des sonorités de raï, en particulier les chansons du regretté Cheb Hasni, non seulement comme toile de fond sonore, mais également comme un personnage artistique parallèle qui suit l’évolution des événements et reflète l’état d’âme des protagonistes. Dès les premières scènes, une ambiance de nostalgie et de mémoire d’une génération ayant vécu la migration entre espoir et désillusion s’installe.
Au fil de l’histoire, la musique de raï se transforme en refuge émotionnel pour les personnages, devenant un moyen de souvenir et d’appartenance, ce qui confère au film une profondeur affective distincte au sein du cinéma marocain contemporain.
Avec la sortie de “Loin de la Mer” dans les salles nationales, après une série de récompenses, Saïd Hamich s’affirme comme l’un des réalisateurs qui misent sur un cinéma humaniste, posant de grandes questions par un langage visuel apaisé et redonnant une place à la mémoire de la migration comme partie intégrante de l’histoire sociale et culturelle du Maroc.







