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Les nouvelles restrictions imposées par l’Union européenne sur la surveillance des activités de pêche suscitent un large débat sur la côte de Valence. Miguel Barachina, ministre de l’Agriculture, de l’Eau et de la Pêche de la région, les a qualifiées de mesures injustifiées qui menacent l’avenir des pêcheurs locaux, risquant ainsi de renforcer la dépendance à l’égard du Maroc comme source alternative pour fournir les marchés en poissons.
Ces mesures obligent les pêcheurs à déclarer à l’avance toutes les espèces de poissons capturées, deux heures et demie avant leur arrivée au port, ce qui pourrait atteindre près de 200 espèces. Des professionnels du secteur qualifient cela de condition difficile à appliquer, en particulier dans les zones de pêche proches des côtes.
Barachina a confirmé, lors d’une conférence de presse après une réunion du Conseil du gouvernement valencien, le soutien total des autorités régionales aux pêcheurs, annonçant son soutien à la grève appelée par les syndicats professionnels en signe de protestation contre ces mesures, jugées irréalisables sur le terrain.
Des médias espagnols rapportent que le responsable a déclaré que ces mesures ont été mises en place sans tenir compte de la réalité quotidienne de la pêche, soulignant que la proximité des zones de pêche avec le littoral, ainsi que les fluctuations climatiques et l’état de la mer, rendent leur respect presque impossible.
Il a averti que la poursuite de ces restrictions pourrait entraîner une augmentation des importations de poissons en provenance du Maroc, qui ne subit pas les mêmes contraintes, considérant que cette politique pourrait mener à un approvisionnement des marchés valencien sans dépendre de la production locale.
Ce débat survient à un moment où les pays de l’Union européenne, la semaine dernière, ont donné mandat à la Commission européenne pour négocier un accord de partenariat pour une pêche durable avec le Maroc, accompagné d’un protocole permettant aux navires européens d’accéder aux eaux marocaines, dans le cadre de la réorganisation des activités de pêche suspendues depuis 2023.
Dans un effort pour atténuer les impacts de ces mesures, Barachina a rencontré des représentants des trois fédérations de syndicats de pêcheurs de la région de Valence, lors de laquelle il a appelé à suspendre certaines des mesures les plus strictes, y compris le système électronique de déclaration des données à bord des navires, qu’il a décrit comme une charge pour le secteur, demandant une période de transition pour éviter des dommages permanents.
Le nouveau système, entré en vigueur le 10 janvier, impose la déclaration de toutes les espèces de poissons capturées sans exception, annulant le minimum précédent fixé à 50 kilogrammes, tout en obligeant les navires de 12 à 15 mètres de long à indiquer leur position géographique.
Les syndicats professionnels estiment que ces exigences représentent des charges bureaucratiques supplémentaires, augmentant les coûts et accroissant le risque de sanctions, sans contribuer effectivement à une meilleure surveillance des activités de pêche.
Le journal « La Razón » cite des experts du secteur affirmant que la nature de la pêche artisanale quotidienne, qui repose sur la rapidité et la flexibilité, complique l’application de ces mesures. Ils préviennent qu’une augmentation des coûts et des retards dans les approvisionnements pourrait avoir un impact sur les prix des poissons, ouvrant la porte à un plus grand approvisionnement du Maroc pour répondre aux besoins du marché européen en poissons frais.
Barachina a souligné que les initiatives du gouvernement valencien visent avant tout à protéger les pêcheurs locaux et à garantir la durabilité de leurs activités, confirmant que le Maroc est devenu un acteur clé dans l’approvisionnement du marché européen en poissons, ce qui nécessite de trouver un équilibre protégeant les intérêts des pêcheurs espagnols sans compromettre la sécurité alimentaire de la région.







