Leila Benali : La réforme de l’Office national des hydrocarbures et des mines, une étape cruciale pour garantir une concurrence juste et renforcer la souveraineté énergétique
La ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a déclaré que la réforme de l’Office national des hydrocarbures et des mines constitue un tournant majeur pour traiter les dysfonctionnements structurels ayant affecté les secteurs de l’énergie et des mines, en particulier les conflits d’intérêts, les chevauchements de fonctions et les risques de monopole.
Lors d’une séance législative à la Chambre des représentants, consacrée à l’examen et au vote du projet de loi n° 56.24 relatif à la transformation de l’Office en société anonyme, Benali a précisé que cette transformation juridique ne s’inscrit pas dans un cadre strictement technique, mais représente un chantier institutionnel visant à repositionner l’Office au sein de l’économie nationale et à renforcer sa présence dans les chaînes de valeur liées aux activités énergétiques et minières.
La ministre a lié l’importance de ce projet au contexte général du secteur, évoquant les conclusions présentées par le président de la Cour des comptes, qui ont relevé des dysfonctionnements structurels au sein du cadre institutionnel actuel et leurs répercussions directes sur l’entrave de plusieurs projets, notamment ceux liés au gaz naturel et à ses infrastructures.
Elle a également souligné que le retard dans la mise en œuvre de chantiers stratégiques dans ce domaine est en partie dû aux craintes accumulées parmi les acteurs publics et privés, relatives à l’absence de clarté des rôles, des problèmes de neutralité concurrentielle, ainsi qu’à la crainte de fuites d’informations ou de pressions, ce qui a fragilisé la confiance au sein du système.
Benali a assuré que la persistance de cette situation ouvre la porte à des risques de monopole, avec des conséquences négatives sur les prix de l’énergie et des minéraux, non seulement pour les citoyens, mais aussi pour le tissu économique, ce qui entrave l’accès aux technologies modernes et propres, et retarde la transition énergétique.
Dans ce cadre, la ministre a rappelé le discours royal à l’occasion de la fête du Trône de 2020, qui a appelé à une réforme profonde du secteur public et à la résolution des dysfonctionnements structurels des institutions et des entreprises publiques, considérant que le projet présenté traduit ces orientations par l’établissement d’une meilleure gouvernance, une amélioration des performances et de la rentabilité, ainsi qu’une capacité accrue de l’Office à jouer un rôle de développement plus efficace.
Elle a insisté sur le fait que l’adoption du projet de loi comporte des dimensions sociales et économiques claires, défendant ainsi une énergie à des prix raisonnables et contribuant à la préservation des emplois, notamment dans les secteurs confrontés aux coûts d’accès à l’énergie, avertissant que l’absence de solutions efficaces pourrait aggraver le chômage et avoir des répercussions sociales directes sur les familles.
Benali a conclu en affirmant que la transformation de l’Office national des hydrocarbures et des mines en société anonyme représente, au fond, un choix souverain visant à protéger le secteur contre les conflits d’intérêts et les monopoles, tout en renforçant la souveraineté énergétique et minière du Royaume, en fournissant des outils institutionnels plus efficaces pour l’intervention de l’État et l’organisation de ce domaine stratégique.

