Le Maroc se dirige vers l’acquisition de l’« Ofek-13 » : un bond en intelligence pour une surveillance spatiale qui ne connaît ni jour ni tempêtes.
Des rapports spécialisés ont révélé que le Maroc a formulé une demande pour l’acquisition de deux satellites d’observation de type « Ofek-13 », développés par la société des industries aéronautiques israéliennes. Cette démarche illustre l’accélération de la modernisation du dispositif de défense du royaume et l’expansion de ses outils dans le domaine du renseignement stratégique.
Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, Israël est devenu au cours des dernières années l’un des principaux fournisseurs d’armement du Maroc, captant environ 11 % de ses importations militaires, ce qui témoigne du niveau croissant de coopération défensive entre les deux parties.
### Technologie radar au-delà des contraintes météorologiques et de la lumière
L’« Ofek-13 » est l’un des satellites d’observation militaire les plus avancés au monde, reposant sur une technologie de radar à ouverture synthétique (SAR). Ce système permet de capturer des images de haute précision de la surface terrestre en utilisant des ondes radar, plutôt qu’en s’appuyant sur la lumière visible. Cette technique lui confère la capacité d’opération de nuit comme de jour et dans diverses conditions climatiques, y compris sous de fortes nuages ou lors de tempêtes de sable, sans que la qualité des images en souffre.
La précision d’imagerie de ce satellite atteint environ un demi-mètre, ce qui permet d’observer des détails fins sur le sol et de suivre les mouvements et activités sur de vastes zones en des délais brefs, grâce à un cycle orbital d’environ une heure et demie.
### Un programme spatial militaire lancé depuis les années 80
L’« Ofek-13 » représente la dernière étape d’une série de satellites « Ofek » lancée à la fin des années 1980, dans le cadre d’un programme spatial militaire conçu par Israël pour renforcer ses capacités d’intelligence autonome. Le premier satellite de ce type a été mis en orbite le 29 mars 2023 à l’aide du lanceur « Shavit-2 » depuis la base aérienne de « Palmachim », avant d’être opéré par la direction du renseignement militaire israélien, en particulier par l’unité 9900 spécialisée dans l’analyse des images satellites et le renseignement géographique.
### Un enjeu d’indépendance informationnelle
L’intérêt potentiel du Maroc pour cette génération de satellites s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer l’indépendance en matière de collecte de données sensibles et à réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs d’images satellitaires étrangers. Posséder des satellites basés sur la technologie SAR offre une capacité continue de surveillance des frontières terrestres et maritimes, de détection de mouvements irréguliers et de suivi d’activités dans les zones d’importance stratégique, sans les contraintes liées aux conditions météo ou à l’heure du jour.
Les analystes estiment que la concrétisation d’une telle transaction, si elle est officiellement confirmée, constituerait un tournant majeur dans les capacités spatiales et militaires du Royaume, surtout dans un contexte où la supériorité informationnelle est devenue un facteur décisif dans la gestion des crises et des conflits modernes. Ce développement reflète également un niveau avancé de confiance mutuelle entre Rabat et Tel Aviv, dans le cadre de la redéfinition de la carte des partenariats défensifs du Maroc et de la diversification de ses sources d’armement.
Avec cette approche, le Maroc continue de renforcer sa position parmi les pays désireux de disposer d’outils d’observation sophistiqués depuis l’espace, garantissant ainsi une lecture plus précise de son environnement régional et élargissant sa marge de manœuvre stratégique dans un contexte de sécurité volatile.

