L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le groupe OCP ont lancé un partenariat stratégique d’une durée de cinq ans, visant à accélérer l’innovation scientifique dans le domaine de l’agriculture durable et à construire des systèmes alimentaires plus résilients. Ce projet s’inscrit dans le cadre du soutien à l’initiative « Atomes pour l’alimentation » (Atoms4Food) et à la promotion des efforts internationaux en faveur de la sécurité alimentaire mondiale.
Conformément à cet accord, les deux parties vont commencer à mettre en œuvre un projet de recherche coordonné, basé sur l’utilisation de techniques nucléaires et d’isotopes pour améliorer l’efficacité de l’utilisation des engrais, augmenter la valeur nutritive des cultures et renforcer la durabilité des systèmes alimentaires.
Le projet vise à produire des résultats pratiques applicables concrètement, apportant des bénéfices directs aux agriculteurs, notamment dans les zones confrontées à des défis sévères en matière de sécurité alimentaire.
Dans ce contexte, Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, a souligné que ce partenariat constitue un avancement important dans l’optimisation de l’impact de l’initiative « Atomes pour l’alimentation » grâce à une coopération stratégique. Il a précisé que la combinaison de l’expertise de terrain du groupe OCP et des connaissances spécialisées de l’agence en matière de techniques nucléaires permettra de transformer les connaissances scientifiques avancées en solutions pratiques pour les agriculteurs. Il a ajouté que cette collaboration contribuera à fournir des données scientifiques et les outils nécessaires pour une utilisation optimale des engrais, la culture de plantes de valeur nutritive plus élevée, et la mise en place de systèmes alimentaires flexibles et adaptables aux changements climatiques, en particulier dans les régions les plus vulnérables.
Le projet de recherche se concentre sur l’amélioration de la gestion des nutriments majeurs, tels que l’azote et le phosphore, ainsi que des éléments nutritifs critiques, y compris le zinc, le fer et le sélénium. Grâce à l’utilisation de techniques isotopiques, des données scientifiques précises et fiables seront produites pour soutenir les principes des « quatre piliers » de la gestion responsable des nutriments, à savoir le choix de la bonne source, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit, fournissant aux agriculteurs des conseils pratiques basés sur des bases scientifiques solides.
De son côté, Mariem Al-Asrawi, directrice exécutive des affaires mondiales du groupe OCP, a déclaré que cette collaboration constitue une étape stratégique majeure dans le parcours du groupe et un pas essentiel vers l’amélioration de la sécurité alimentaire mondiale. Elle a affirmé que l’intégration de l’expertise mondiale de l’AIEA avec l’expérience approfondie et les innovations de pointe du groupe OCP dans le domaine de la nutrition des plantes et des sols contribuera à produire des connaissances transformatrices et à soutenir les chercheurs et les agriculteurs sur le terrain, en développant des pratiques agricoles qui garantissent une productivité plus élevée et une meilleure qualité nutritionnelle tout en assurant la durabilité environnementale à long terme.
Cette collaboration devrait aboutir à la production de données de haute qualité qui contribueront à soutenir les politiques publiques, à orienter l’innovation en matière d’engrais et à accélérer la transition vers une agriculture positive pour le climat et la nature. Elle renforcera également la coopération scientifique entre l’Afrique, l’AIEA et les réseaux de recherche mondiaux, aidant les pays à adopter les meilleures pratiques de gestion des nutriments, à améliorer la santé des sols et à augmenter la productivité agricole à grande échelle, ce qui aura un impact positif sur la sécurité alimentaire mondiale.
L’AIEA, en tant que principal forum gouvernemental international pour la coopération scientifique et technique dans les applications pacifiques de la technologie nucléaire depuis sa création en 1957 sous l’égide des Nations Unies, continue d’œuvrer pour maximiser la contribution de la technologie nucléaire au service des sociétés.
Dans ce cadre, l’initiative « Atomes pour l’alimentation », lancée en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 2023, constitue un mécanisme pratique pour aider les pays à renforcer leur sécurité alimentaire et à lutter contre la faim croissante, en fournissant des solutions innovantes adaptées aux besoins de chaque pays, basées sur l’exploitation des technologies nucléaires ainsi que d’autres techniques avancées pour améliorer la production agricole et animale, gérer les ressources naturelles, réduire le gaspillage alimentaire, garantir la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et s’adapter aux défis posés par le changement climatique.

