Dans le cadre d’un débat international renouvelé sur les moyens d’assurer la justice et l’égalité entre les sexes, le Maroc a présenté devant les Nations Unies son parcours réformateur en matière d’autonomisation des femmes et de renforcement de leur accès à la justice, s’appuyant sur un héritage législatif et institutionnel soutenu par une volonté politique claire depuis plus de deux décennies.
Lors de son intervention à la 70e session de la Commission de la condition de la femme tenue au siège des Nations Unies à New York, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Najima Ben Yahya, a affirmé que les transformations législatives et institutionnelles qu’a connues le Maroc concernant les droits des femmes résultent principalement d’une volonté politique stable, exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI depuis son accession au trône, à travers des appels répétés à développer le cadre légal et à mettre en place des mécanismes garantissant aux femmes l’accès à leurs droits et renforçant leur participation dans divers processus de développement.
La ministre a souligné que la Constitution marocaine de 2011 a constitué un tournant décisif dans ce parcours, inscrivant le principe d’égalité entre les femmes et les hommes dans la référence constitutionnelle de l’État, et faisant du principe de l’égalité des chances l’un des fondements du système légal et institutionnel, tout en garantissant le droit à la justice pour toutes les citoyennes et citoyens, en défense de leurs droits et intérêts protégés par la loi.
Ben Yahya a également indiqué que le Maroc a continué, ces dernières années, à renforcer son engagement envers les mécanismes internationaux visant à protéger les droits des femmes, à travers une interaction positive avec les conventions internationales pertinentes, y compris l’adhésion au protocole optionnel de la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ce qui reflète un engagement continu à ancrer les normes internationales dans le cadre juridique national.
Dans son exposé sur l’expérience marocaine, la ministre a souligné que la réforme du système judiciaire représentait l’un des axes majeurs de cette démarche réformiste, intégrant la dimension de genre dans les politiques judiciaires selon les dispositions énoncées dans la charte de réforme de la justice, ce qui s’est concrétisé par la révision de plusieurs textes juridiques et l’abrogation de certaines dispositions qui reflétaient des déséquilibres historiques dans le traitement des questions relatives aux femmes.
Elle a également évoqué l’adoption d’une loi contre la violence à l’égard des femmes comme une étape institutionnelle marquante dans le processus de protection des femmes et des filles, non seulement en criminalisant certaines violences, mais aussi en mettant en place des cellules spécialisées au sein des différents services concernés pour faciliter l’accès des victimes à la justice et garantir leur prise en charge.
À cet égard, la responsable gouvernementale a présenté plusieurs initiatives nationales lancées par le royaume pour renforcer la protection juridique et sociale des femmes, parmi lesquelles la déclaration de Marrakech pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, devenue une référence nationale pour coordonner les interventions des institutions publiques et des acteurs civils face à ce phénomène.
Elle a également mentionné les efforts déployés au niveau des politiques publiques en matière de sensibilisation, notamment dans le cadre de la campagne nationale organisée dans le cadre de l’initiative internationale des seize jours d’activisme contre la violence à l’égard des femmes, durant laquelle le gouvernement marocain a choisi de se concentrer cette année sur l’harmonisation des législations nationales avec les principes d’égalité et de parité.
En complément de l’approche législative, la délégation marocaine a présenté l’expérience d’intégration de la transformation numérique dans le système de protection sociale, avec le lancement d’une plateforme numérique nommée “Aman Laki”, visant à faciliter l’accès des femmes victimes de violence à des services de signalement, de soutien et d’hébergement, tout en renforçant les mécanismes de suivi et de prise en charge au niveau local et central.
Malgré ces avancées législatives et institutionnelles, la ministre a souligné que le véritable défi ne réside pas uniquement dans le développement des textes légaux, mais également dans la nécessité de s’attaquer à certaines pratiques sociales qui peuvent entraver la réalisation de l’égalité réelle. C’est pourquoi le Maroc s’active actuellement à l’élaboration d’un Plan d’action national pour mettre fin à la discrimination entre les femmes et les hommes, reposant sur une approche participative incluant différents acteurs, parmi lesquels les médias, les institutions éducatives et la famille, en tant qu’espaces essentiels pour ancrer une culture de l’égalité.
L’expérience marocaine a reçu un écho positif au sein des enceintes des Nations Unies, avec des responsables de l’ONU et des délégations participantes saluant l’approche réformiste progressive adoptée par le Maroc dans ce domaine. La présidente de la Commission de la condition de la femme, Nahla Haidar, a également loué la manière dont le Maroc avance dans ce parcours, considérant que les réformes en cours reflètent une vision stratégique reposant sur une direction politique claire et une collaboration étroite entre le gouvernement et la société civile.
Dans le cadre du débat international sur la justice sociale et les droits des femmes, le Maroc a, à travers cette participation, présenté une image d’un parcours réformateur fondé sur la continuité et la progression, visant à transformer les principes constitutionnels en politiques publiques et en programmes pratiques, cherchant à ancrer un État de droit et de justice et à promouvoir l’égalité au sein de la société.






