Faillite de 70 % des petites entreprises en cinq ans : 95 % d’entre elles victimes d’exclusion bancaire.

Faillite de 70 % des petites entreprises en cinq ans : 95 % d’entre elles victimes d’exclusion bancaire.

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Les très petites entreprises au Maroc font face à des défis structurels qui entravent leur pérennité, bien qu’elles représentent le pilier de l’économie nationale. Une étude récente a révélé qu’environ 70 % de ces entreprises font faillite avant d’atteindre cinq ans d’activité, tandis que la plupart d’entre elles souffrent d’une exclusion quasi totale du financement bancaire et des mécanismes d’accompagnement.

L’étude, réalisée par la Confédération marocaine des très petites, petites et moyennes entreprises, a indiqué que le nombre d’entreprises dans le royaume dépasse 4 millions, dont 97 % sont des très petites entreprises. Cela en fait le principal acteur de la création d’emplois et de l’activation de l’économie locale. Toutefois, selon le rapport, elles demeurent « oubliées » au sein du système économique et institutionnel.

Il a été souligné que moins de 5 % de ces entreprises bénéficient de prêts bancaires, tandis que le taux d' »exclusion bancaire » atteint 95 %, ce qui limite considérablement leur capacité à investir et à se développer. Le rapport a également noté que 80 % de ces unités ne disposent d’aucune présence numérique ou site internet, ce qui aggrave leur isolement dans un marché qui se numérise rapidement.

Le rapport a enregistré qu’environ 150 000 entreprises ont fait faillite entre 2022 et 2025, dont 99 % sont des très petites entreprises, ce qui a contribué à porter le taux de chômage à plus de 13 %, en parallèle avec la domination persistante du secteur informel, qui emploie plus de 77 % de la population active.

Cette étude nationale intitulée « Le moteur à l’arrêt » s’est appuyée sur un diagnostic de 12 dysfonctionnements structurels répartis sur cinq axes principaux, comprenant la difficulté d’accès au financement, l’absence d’un cadre juridique adéquat, le retard numérique, l’exclusion des marchés, ainsi que des obstacles latéraux qui freinent la croissance de ces entreprises.

Le rapport a conclu que le véritable problème ne réside pas dans la création d’entreprises, mais dans la garantie de leur continuité. Il a averti que l’exclusion de 97 % du tissu productif des mécanismes de développement menace de compromettre la réalisation d’une croissance économique inclusive et durable. Il a également souligné que les très petites entreprises ne manquent pas d’esprit d’initiative, mais qu’elles doivent faire face à un environnement institutionnel, financier, fiscal et numérique peu propice à leur accueil et à leur développement.

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