À quelques jours de l’ouverture de la quatrième édition de GITEX Africa Morocco, prévue du 7 au 9 avril 2026 à Marrakech, Rabat a accueilli, ce 31 mars, une conférence de presse stratégique au Sofitel Jardin des Roses. Un rendez-vous institutionnel à forte portée symbolique et opérationnelle, marqué par la présence de Amal El Fallah Seghrouchni, désormais figure centrale de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle au Maroc, et de Mohamed Mezouari, directeur de l’Agence de Développement du Digital (ADD).
Cette séquence intervient dans un contexte où la compétition internationale autour des hubs technologiques s’intensifie, et où le Maroc entend consolider son positionnement comme plateforme africaine de référence en matière d’innovation, de cybersécurité et d’intelligence artificielle.
La conférence a permis de lever le voile sur les grandes orientations de cette édition 2026, annoncée comme un tournant. Au-delà du volume attendu de participants et d’exposants, c’est surtout la densité stratégique des thématiques qui retient l’attention : souveraineté numérique, résilience cybernétique, infrastructures critiques, intelligence artificielle appliquée et attractivité des écosystèmes d’innovation africains.
Dans leurs interventions, les responsables institutionnels ont insisté sur une évolution de GITEX Africa Morocco d’un simple salon technologique vers une véritable plateforme de gouvernance numérique continentale. Une mutation qui traduit l’ambition marocaine de ne plus seulement accueillir l’innovation, mais de contribuer à en structurer les règles, les normes et les équilibres à l’échelle africaine.
La présence de la ministre Amal El Fallah Seghrouchni s’inscrit dans cette logique. En incarnant la convergence entre transformation digitale et intelligence artificielle, elle symbolise une doctrine publique en construction, où l’État se positionne à la fois comme facilitateur, régulateur et stratège. De son côté, l’ADD, sous la direction de Mohamed Mezouari, confirme son rôle d’architecte opérationnel de cet écosystème, à l’interface entre politiques publiques, acteurs privés et partenaires internationaux.
L’annonce d’un GITEX 2026 « exceptionnel » ne relève pas uniquement d’un registre promotionnel. Elle s’appuie sur une réalité : le Maroc dispose aujourd’hui d’atouts structurels — stabilité institutionnelle, infrastructures numériques en progression, capital humain qualifié — qui lui permettent de prétendre à un rôle de hub régional, voire continental.
Mais au-delà de l’événement lui-même, c’est bien une trajectoire stratégique qui se dessine. Celle d’un Maroc qui cherche à capter une partie de la chaîne de valeur technologique africaine, tout en s’imposant comme un point d’ancrage pour les investissements, les talents et les flux d’innovation.
La conférence de Rabat aura ainsi servi de prélude à un rendez-vous qui dépasse le cadre événementiel. GITEX Africa Morocco 2026 apparaît désormais comme un instrument de projection stratégique, au service d’une ambition claire : inscrire durablement le Royaume au cœur de la nouvelle architecture numérique africaine.






