La Convention démocratique des femmes du Maroc met en garde les partis contre la marginalisation continue des femmes sur le plan politique. Elle souligne que le Maroc se classe au 101e rang mondial en termes de participation des femmes dans les parlements, et ce, malgré quinze années écoulées depuis l’adoption de la Constitution marocaine, qui prône le principe d’égalité et de parité.
Dans une lettre ouverte adressée aux secrétaires généraux des partis politiques, la convention rappelle que les femmes représentent moins d’un quart des membres de la Chambre des représentants (24,3 %) et environ 11 à 12 % au sein de la Chambre des conseillers. De plus, leur adhésion aux partis ne dépasse pas 8 à 9 %, alors qu’elles constituent plus de la moitié des électeurs.
Elle précise que les partis continuent de considérer la participation des femmes de manière sporadique ou saisonnière, et que le soutien destiné aux secteurs féminins au sein des partis demeure insuffisant, ce qui limite l’accès des femmes aux mandats et aux fonctions électorales et retarde la réalisation de la parité sur le terrain.
La convention appelle les partis à adopter des mesures concrètes et claires avant les élections du 23 septembre 2026, notamment : proposer des candidatures féminines à hauteur d’au moins 30 % dans les circonscriptions réservées, établir des critères clairs pour le choix des candidats sur la base de la compétence et de la responsabilité, soutenir financièrement et moralement les secteurs féminins des partis, garantir une élaboration démocratique des noms des candidates à travers un pacte reliant responsabilité et reddition de comptes, et mettre en place un plan de communication pour promouvoir les femmes leaders tout en reliant l’émancipation politique des femmes à la démocratie et au développement durable.
La convention déclare que le maintien de cette situation compromet la crédibilité du processus démocratique et démontre la lenteur des réformes, appelant les partis à agir réellement pour réduire l’écart entre le discours politique et la pratique concrète.






