Réponse du ministère Wahbi aux observations de l’Organisation marocaine des droits de l’homme sur le projet de loi relatif à la profession d’avocat.

Réponse du ministère Wahbi aux observations de l’Organisation marocaine des droits de l’homme sur le projet de loi relatif à la profession d’avocat.

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Réponse du ministère de Wahbi aux observations de l’Organisation marocaine des droits de l’homme concernant la loi sur la profession d’avocat

Dans une réponse officielle détaillée à la note de plaidoyer soumise par l’Organisation marocaine des droits de l’homme concernant le projet de loi n° 66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat, le ministre de la Justice, Abdelatif Wahbi, a clarifié la philosophie et les contenus du projet. Il a affirmé qu’il représente un « mise en œuvre fidèle et avancée » des dispositions constitutionnelles et des engagements internationaux du Royaume, sans compromettre l’indépendance de la profession ni les acquis en matière de droits.

Wahbi a souligné que le ministère apprécie l’engagement de la société civile dans le débat public sur la réforme du système judiciaire, considérant que la profession d’avocat occupe une place centrale dans la protection des droits et la préservation des libertés, conformément à la Constitution de 2011 et aux instruments internationaux connexes.

Une réforme dans un contexte national et international en mutation

Le ministère a expliqué que le projet de loi vise à moderniser le cadre juridique de la profession afin de répondre aux transformations nationales et internationales sur les plans institutionnel, économique et des droits. Il cherche aussi à garantir l’efficacité des prestations et à ancrer le rôle constitutionnel de la profession d’avocat. En outre, l’analyse des observations de l’Organisation a été réalisée conformément aux principes constitutionnels et aux normes internationales, notamment les principes des Nations Unies concernant le rôle des avocats (Havane, 1990) et les rapports du rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats.

L’indépendance professionnelle et l’organisation administrative

Le ministère a rejeté ce qu’il a qualifié de « lecture tronquée » des principes de Havane, affirmant que les mesures organisationnelles telles que la tenue d’un registre électronique ou l’obligation d’informer le ministère de l’ouverture de cabinets ne constituent pas une tutelle sur les avocats, mais relèvent du devoir de l’État de garantir la sécurité juridique et la qualité de la défense. Il a insisté sur le fait que la réglementation de l’accès à la profession et l’unification des critères de formation et de transparence administrative ne portent pas atteinte à l’indépendance de l’avocat, mais font partie des prérogatives de l’État.

Accès à la profession et élévation des qualifications

En réponse aux observations concernant l’exigence d’un master pour passer le concours d’accès à la profession, le ministère a indiqué que les complexités juridiques, les relations internationales et la numérisation de la justice nécessitent des niveaux de qualification plus élevés. Il a affirmé que cette mesure vise à garantir que l’avocat soit compétent pour défendre les droits et les libertés, et constitue une disposition de protection, et non d’exclusion.

Le système disciplinaire et le rôle du parquet

Le ministère a précisé que la délégation à la chambre de conseil de la cour d’appel du pouvoir de statuer sur les recours et à la procureur du pouvoir d’engager des poursuites renforce les garanties, sans les affaiblir, la décision finale revenant au pouvoir judiciaire.

Notifications et organisation administrative

Le ministère a confirmé que l’obligation pour le bâtonnier et le conseil de l’ordre d’informer l’autorité gouvernementale ne signifie pas approbation ou autorisation, mais représente une nécessité organisationnelle pour renforcer la confiance dans la profession et protéger les justiciables contre l’usurpation de titres.

Organisation des cabinets étrangers et souveraineté nationale

Le ministère a considéré que la délégation au ministre de la Justice du pouvoir d’autoriser les avocats et les cabinets étrangers est liée à la souveraineté nationale et à l’ordre public économique, visant ainsi à protéger l’avocat marocain de la domination des cabinets internationaux, tout en maintenant un contrôle déontologique sur les pratiques étrangères.

Transformation numérique et notification électronique

Le ministère a défendu l’adoption d’un numéro national pour les avocats et la notification électronique via la carte nationale afin d’assurer l’efficacité des procédures judiciaires et de lutter contre l’évasion des notifications.

Interdiction de manifestation dans les tribunaux et facilitation de l’accès à la justice

Le ministère a rappelé que le hall du tribunal est destiné à la résolution des litiges et non aux manifestations, tout en affirmant que la liberté de manifestation est garantie mais dans le respect des droits des autres et de l’ordre public. Il a également précisé que certaines exceptions à l’obligation d’assistance d’un avocat visent à faciliter l’accès à la justice et à protéger les groupes vulnérables financièrement.

Discipline lors des audiences et inspections

Le ministère a affirmé que la délégation à la cour du pouvoir de dresser un procès-verbal des manquements consacre la prééminence de la loi, et que l’inspection des bureaux ou l’audition d’un avocat en l’absence du bâtonnier équilibre la garantie du défenseur avec les nécessités de l’enquête pénale.

Éthique, conflit d’intérêts et ancienneté

Le ministère a plaidé pour la responsabilité disciplinaire des avocats pour des actes portant atteinte à l’honneur en dehors du cadre professionnel, interdisant la cumulation de la profession d’avocat avec un enseignement permanent pour assurer une disponibilité totale et éviter les conflits d’intérêts. Il a également justifié la levée de la condition d’ancienneté de 15 ans pour plaider devant la Cour de cassation afin de garantir la qualité des demandes et de réduire les recours non fondés.

Transparence financière

Le ministère a précisé que l’obligation de paiement par chèque ou électroniquement pour les honoraires dépassant 10 000 dirhams vise à renforcer la transparence financière, à lutter contre la corruption et à protéger les droits de l’avocat et du client.

En conclusion, le ministère de la Justice a souligné que le projet de loi n° 66.23 vise à équilibrer l’indépendance de l’avocat avec le devoir de l’État d’organiser la justice, à renforcer l’efficacité disciplinaire et à élever les critères de compétence au service de l’intérêt du justiciable, réaffirmant son ouverture à un dialogue objectif et constructif avec les professionnels, et à promouvoir la coopération entre la profession et l’État conformément au principe 25 des principes de Havane.

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