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mercredi 20 mai 2026 - 23:22

La justice québécoise condamne à nouveau Hicham Jerando pour diffamation

La justice québécoise condamne à nouveau Hicham Jerando pour diffamation
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Najiba jalal

À force de transformer YouTube en tribunal personnel et les réseaux sociaux en machine à accusations permanentes, Hicham Jerando finit surtout par collectionner les jugements. Et cette fois encore, la justice québécoise vient de lui rappeler qu’entre le vacarme numérique et le droit, il existe encore une frontière appelée responsabilité.

Dans une décision rendue le 20 mai 2026, la Cour supérieure du Québec, district de Montréal, a une nouvelle fois condamné Hicham Jerando dans une affaire de diffamation opposant ce dernier à Jamal Lahror et Mohamed Loulidi. Une décision lourde, claire et surtout embarrassante pour celui qui passe son temps à se présenter comme victime d’un prétendu “système”, alors que les tribunaux, eux, accumulent les décisions contre ses méthodes.

Le jugement est sans ambiguïté : retrait définitif des vidéos diffamatoires, interdiction permanente de republier des contenus visant les deux demandeurs, et condamnation financière dépassant les 210.000 dollars canadiens, sans compter les intérêts. Une addition salée pour un homme qui semblait croire que diffamer derrière une caméra relevait de la liberté d’expression absolue.

La Cour ordonne ainsi à Jerando de supprimer l’ensemble des vidéos jugées diffamatoires diffusées sur les plateformes accessibles au public. Mais surtout, elle lui interdit désormais, de manière permanente, de publier ou diffuser, directement ou indirectement, tout nouveau contenu diffamatoire visant les deux plaignants.

Autrement dit, la justice québécoise ne parle plus ici d’un simple “dérapage”, mais bien d’un comportement suffisamment problématique pour justifier une injonction permanente. Et c’est précisément là que le dossier devient politiquement et médiatiquement révélateur.

Car depuis plusieurs années, Hicham Jerando s’est construit une image de “justicier numérique”, multipliant accusations, insinuations, campagnes de dénigrement et vidéos explosives souvent emballées dans le folklore du “tout le monde est corrompu sauf moi”. Une mécanique devenue classique sur certains segments toxiques des réseaux sociaux : fabriquer du scandale permanent pour entretenir l’audience, même lorsque les faits, eux, finissent par s’effondrer devant les tribunaux.

Le plus ironique dans cette affaire reste sans doute ce contraste permanent entre le personnage virtuel et la réalité judiciaire. Sur écran, le ton est souvent triomphant, agressif, théâtral. Devant les juridictions, en revanche, les décisions s’accumulent, les condamnations tombent et les montants commencent sérieusement à peser.

La Cour a d’ailleurs condamné Jerando à verser à chacun des demandeurs :

50.000 dollars pour atteinte à la réputation,
50.000 dollars pour préjudice moral et troubles subis,
et 5.000 dollars de dommages-intérêts punitifs.

Chaque demandeur obtient donc 105.000 dollars, soit un total de 210.000 dollars pour les deux parties civiles, outre les intérêts légaux applicables à compter du 12 janvier 2026.

Le tribunal précise même avoir réduit les dommages-intérêts punitifs faute de preuve suffisante concernant la situation financière du défendeur. Une précision presque cruelle : même lorsqu’elle réduit la sanction, la Cour confirme tout de même le caractère fautif des agissements reprochés.

Ce nouveau jugement illustre surtout une évolution plus large : les tribunaux occidentaux commencent progressivement à traiter la cyberdiffamation avec beaucoup moins de naïveté qu’auparavant. Pendant longtemps, certains youtubeurs exilés ont cru que la distance géographique, le buzz et la viralité suffisaient à neutraliser toute responsabilité juridique. Mais la justice, elle, travaille lentement… et finit souvent par arriver.

À mesure que les décisions s’accumulent, une question devient de plus en plus difficile à éviter : jusqu’où peut-on continuer à vendre du chaos numérique avant que le réel ne présente définitivement la facture ?

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