Le Maroc sur la voie d’une adhésion à l’OCDE d’ici 2040 : un tournant stratégique
Une étude récente du Policy Center for the New South, réalisée par Eugène Berg, anticipe que le Maroc pourrait devenir membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) d’ici 2040. Cette perspective est à la fois un défi et une opportunité, plaçant le royaume au cœur de la scène économique et diplomatique internationale.
Un chemin jalonné de réformes
Selon les estimations du rapport, le Maroc pourrait formuler une demande d’adhésion officielle entre fin 2030 et début 2031, capitalisant sur l’enthousiasme généré par l’organisation de la Coupe du Monde en 2030. Ce processus ne part pas de zéro : le pays bénéficie de relations institutionnelles avec l’OCDE depuis 2005 et figure parmi les quatre nations dotées d’un « programme pays », aux côtés de la Kazakhstanie, de la Malaisie et du Pérou. Ce partenariat s’est intensifié récemment, avec la signature d’un protocole d’accord en septembre 2024 entre le Premier ministre Aziz Akhannouch et le secrétaire général de l’organisation, Mathias Cormann, ainsi que l’ouverture d’un bureau de l’OCDE à Rabat.
Les défis de l’adhésion
L’adhésion à l’OCDE représente un objectif ambitieux qui nécessitera des réformes substantielles dans plusieurs domaines, notamment la gouvernance, la lutte contre la corruption, l’investissement, l’éducation et l’environnement. L’intégration au sein de cette organisation ne doit pas être perçue comme un simple symbole, mais comme un impératif pour renforcer la confiance dans les institutions marocaines et leur économie.
Économiquement, le Maroc dispose de nombreux atouts. Son emplacement stratégique entre l’Europe et l’Afrique, son infrastructure logistique en expansion, notamment avec le port de Tanger Méditerranée, ainsi que des projets tels que le port de Nador West Med et le tunnel sous le détroit de Gibraltar, renforcent sa position de carrefour économique. Le pays affiche également des avancées notables dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et des énergies renouvelables, se positionnant comme fournisseur clé de voitures pour le marché européen, tout en attirant près de 26 milliards de dollars d’investissements dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Une stratégie à long terme
Cependant, l’étude met en garde : une croissance économique isolée ne suffira pas. Le Maroc doit éviter le « piège du revenu intermédiaire » en développant des réformes institutionnelles qui privilégient l’innovation et le capital humain. Le processus d’adhésion s’étendra sur une période de sept à dix ans, comprenant huit phases techniques complexes, évaluées par 26 comités spécialisés au sein de l’OCDE. Pour assurer le succès de cette démarche, l’étude recommande la création d’une commission gouvernementale de suivi et la formation de capacités administratives pour répondre aux normes internationales.
En conclusion, si le Maroc réussit à s’engager dans cette voie, il pourrait devenir un point d’accès clé pour l’Afrique au sein de l’OCDE, renforçant ainsi les liens entre les continents européen et africain.
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