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vendredi 15 mai 2026 - 21:40

La signature de «  Voix intérieure » de Loubaba Laalej à Rabat

La signature de «  Voix intérieure » de Loubaba Laalej à Rabat
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Dans une atmosphère empreinte de convivialité, de dialogue culturel et de célébration artistique, la cérémonie de dédicace de l’écrivaine et artiste peintre Loubaba Laalej, organisée par La Ligue des Écrivaines du Maroc dans le cadre du Salon International de l’Édition et du Livre 2026, a connu un franc succès, attirant un public nombreux et diversifié.

Cet événement culturel, consacré à la présentation et à la signature de l’ouvrage Voix intérieure, a réuni plusieurs intellectuels, écrivains, artistes, universitaires ainsi que de nombreux passionnés de littérature et d’arts plastiques venus saluer le parcours singulier de l’écrivaine et artiste peintre  Loubaba Laalej. La rencontre a constitué un moment privilégié d’échange autour de la création artistique, de l’écriture poétique et du dialogue entre le texte et l’image.

Les interventions des invités ont mis en lumière la richesse esthétique et humaine de l’œuvre présentée, ainsi que la profondeur de l’univers créatif de l’auteure. Le public, particulièrement attentif et enthousiaste, a exprimé un vif intérêt pour cette expérience artistique où la poésie, la peinture et la réflexion intérieure se rencontrent dans une même quête de sens et de beauté.

Dans son texte consacré à l’ouvrage Voix intérieure de Loubaba Laalej, l’écrivain français Jean-Baptiste Baldini propose une réflexion approfondie sur la notion de voix intérieure et sur les multiples paradoxes qu’elle soulève.

Selon Jean-Baptiste Baldini, la voix intérieure apparaît d’abord comme une contradiction : une voix est censée être sonore, tournée vers l’extérieur et destinée à autrui, alors que la voix intérieure demeure silencieuse, intime et invisible. L’auteur explique que cette apparente opposition ouvre un vaste champ philosophique que Loubaba Laalej explore avec subtilité dans son livre structuré autour de trois chapitres : « Voix de sagesse, m’entends-tu ? », « Voix des échos ! » et « Langage intérieur ».

Baldini souligne que l’auteure considère la pensée comme une forme de parole intérieure. Pour elle, penser revient à dialoguer avec soi-même à travers des images, des mots et des méditations silencieuses qui précèdent toute expression verbale. Cette voix intérieure constituerait ainsi une sorte de forteresse de l’âme et un espace intime où se construit la conscience humaine.

L’écrivain met également en avant la dimension psychologique et spirituelle de cette voix. Il rappelle que Loubaba Laalej voit dans cette présence intérieure un dialogue permanent qui accompagne l’être humain dans son quotidien, influençant ses pensées, ses doutes, ses espoirs et ses décisions. Selon lui, l’auteure rapproche cette conception de celle des philosophes grecs pour lesquels la voix intérieure pouvait être perçue comme une manifestation divine guidant l’existence humaine.

À travers le personnage de Houda, explique Baldini, Loubaba Laalej illustre le combat intérieur entre les pensées négatives et la quête de sérénité. Houda apprend progressivement à écouter son silence intérieur afin de retrouver une harmonie profonde avec elle-même. L’auteur estime enfin que cet ouvrage éclaire avec sensibilité et intelligence cette « petite voix » invisible qui accompagne chaque être humain dans son existence la plus intime :

« Dans l’élan se forge le bond.

Ce qui n’est pas créé se dissipe.

Le silence se manifeste.

Vivre ou se laisser mourir.

La mort symbolique fait rage.

Elle fait de nombreuses victimes.

Qu’ai-je laissé au loin que je ne trouve pas ici ? » , écrit Loubaba Laalej .

Dans son étude critique de l’ouvrage Voix intérieure de Loubaba Laalej, l’écrivain et poète Mounir Serhani met en lumière la profondeur esthétique et symbolique de l’univers de la poétesse, tout en soulignant la relation étroite entre l’écriture poétique, l’image picturale et l’exploration de l’intériorité humaine.

Selon Mounir Serhani, la lecture des textes de Loubaba Laalej donne l’impression d’une parole constamment en mouvement, une parole qui agit comme un appel profond adressé à l’être humain. Il explique que l’usage du vers fragmenté permet à la poétesse d’exprimer avec intensité les inquiétudes, les émotions et les interrogations existentielles qui traversent son œuvre. La poésie devient alors un moyen d’extérioriser les profondeurs humaines, qu’il s’agisse des sentiments, des méditations ou des aveux intimes.

L’auteur souligne également l’union étroite entre la poésie et la peinture dans l’univers créatif de Loubaba Laalej. Il considère que les illustrations dialoguent avec les mots dans une harmonie sensible où les images prolongent le langage poétique. Cette correspondance entre texte et peinture donne naissance à une expérience esthétique singulière, nourrie de rêverie, de contemplation et parfois d’un certain malaise intérieur qui, selon lui, constitue l’essence même de la poésie.

Mounir Serhani observe par ailleurs que les textes de la poétesse sont centrés sur le « je » et le « moi », lesquels deviennent les lieux d’expression de la condition humaine. À travers cette écriture intime, Loubaba Laalej évoque les doutes, les souffrances, les espérances et les émotions universelles auxquelles chacun peut s’identifier. Il insiste aussi sur l’importance des symboles dans son écriture, estimant que la poétesse construit sa vision du monde à travers des images poétiques liées à la mémoire, à l’absence et à la quête intérieure.

Enfin, l’auteur considère que toute l’œuvre de Loubaba Laalej repose sur une tentative de réparer symboliquement un monde fragile et insaisissable grâce à la puissance du verbe poétique. Il affirme que son écriture apparaît comme une forme d’obstination créatrice, une quête spirituelle et humaine où la parole poétique devient à la fois méditation, résistance et recherche d’absolu.

Il convient de souligner que la traduction de ce recueil vers l’arabe a été réalisée par le critique d’art Abdellah Cheikh. Cette édition arabe est enrichie par les préfaces de deux écrivains marocains de renom, Driss Allouch et Ibrahim El Keraoui.

      

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