Le Maroc : Certains Marocains ont-ils succombé aux pièges des médias « fraternels » ?

Le Maroc : Certains Marocains ont-ils succombé aux pièges des médias « fraternels » ?

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Il semble que la manière dont certains médias égyptiens et tunisiens abordent la CAN 2025 au Maroc ressemble à un programme dont le titre serait : comment déstabiliser l’équipe marocaine et en éloigner son public ? Qui suit les plateaux « frères » remarque qu’une grande partie du discours ne tourne pas autour de l’analyse des performances ou des choix tactiques, mais plutôt autour de la construction d’une narration qui remet en question les décisions de Walid Regragui, créant ainsi une fracture entre le public et le coach, à travers des comparaisons artificielles avec des joueurs renommés et la promotion d’athlètes non convoqués, présentés comme des solutions miracles à tous les petits maux du football marocain.

Le nom de Rabi Hrimate est devenu le mot clé de chaque « discussion », au point d’être mentionné plus souvent que la stratégie de l’équipe elle-même, et toute mention du milieu de terrain passe par la formule : « Si Rabi Hrimate était là, tout aurait changé », dans une exagération médiatique qui ressemble davantage à de la publicité qu’à de l’analyse. Même Issam Chawali, lors du match d’ouverture, a choisi d’introduire « son poison dans le miel », en glissant une référence à Hrimate à un moment où cela n’était pas nécessaire, mais suffisant pour implanter une idée dans l’esprit d’une partie du public marocain avide de discuter de sujets accessoires.

Cependant, le problème ne se limite pas à ces médias, il commence lorsque ce vacarme atteint la presse marocaine et les analystes marocains, transformant une partie du public en spectateurs qui écoutent le match sans le voir, s’attachant à ce qui se dit en dehors du terrain plutôt qu’à ce qui s’y passe. Au lieu de se concentrer sur l’analyse des détails du premier match : le rythme du jeu, la qualité des passes, les choix tactiques, les moments de force et de faiblesse, beaucoup se laissent entraîner dans un tribunal ouvert contre Regragui et ses décisions, comme si gagner le match n’avait pas d’importance face à des « non-convocations de tel ou tel joueur », révélant ainsi que nous sommes tombés dans le piège.

Sofiane Amrabat est l’exemple flagrant de cette injustice analytique superficielle ; un joueur reconnu par la plupart des analyses techniques comme l’une des clés de l’équilibre de l’équipe, qui se distingue par d’importantes statistiques en matière de récupération, de passes et d’organisation du jeu. Toutes ses expériences au sein des clubs où il a joué ont été couronnées de succès, et il a gagné la confiance de grands entraîneurs tels que Mourinho et Pellegrini. Pourtant, certains « analystes facebookiens » s’efforcent de le réduire à une seule image : « un joueur qui renvoie le ballon en arrière ». Cependant, ils sont incapables de voir Amrabat d’un œil objectif qui met en avant son rôle de moteur du milieu de terrain. Par exemple, la passe décisive du premier but est venue de son pied précisément, et la liberté de Nabil Aouar dans la surface adverse dépendait d’une couverture défensive tranquille et astucieuse d’Amrabat en retrait, lui permettant de prendre des risques et d’avancer.

D’autre part, pour les médias égyptiens et tunisiens, leurs propres calculs sont en jeu ; l’équipe du Maroc est aujourd’hui considérée comme la première candidate au titre selon les plateformes de statistiques spécialisées, et l’organisation de la CAN par le Maroc avec des standards mondiaux le place au cœur de la scène continentale. Cela incite certains médias à mélanger débat technique et drame, car le drame attire les vues et génère plus de pression que le discours froid des chiffres. Il est donc facile de jouer sur la corde de la « victimisation », du « non-appel des stars » et de la « persistance de l’entraîneur », tout en laissant le public marocain compléter le reste du scénario sur ses réseaux sociaux.

Le vrai danger commence lorsque cette narration externe devient une conviction interne, et qu’une partie du public marocain et des médias sportifs deviennent des outils dans un projet médiatique qui ne se soucie pas de la stabilité de l’équipe à l’égard de l’augmentation des taux d’audience et du nombre de clics. Au moment où le débat passe de « comment gagner ? » à « pourquoi untel n’a-t-il pas été convoqué ? », et de « comment améliorer les performances de ceux qui sont sur le terrain ? » à « qui mérite de coacher l’équipe ? », les adversaires du Maroc auront déjà gagné leur première bataille psychologique sans même toucher au ballon.

Ainsi, il est désormais crucial de ne pas chercher un bouc émissaire pour chaque erreur lors du premier match, ni d’ouvrir des dossiers alternatifs qui affaiblissent la confiance entre les tribunes et le banc des remplaçants, mais de réajuster les priorités : une équipe conduite par Regragui jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde mérite un minimum de tranquillité, et un joueur de la trempe d’Amrabat prouve, chiffres à l’appui, qu’il est un pilier de l’équilibre de l’équipe qui mérite une évaluation juste, sans jugements hâtifs. Au final, ceux qui souhaitent la chute du Maroc savent pertinemment que le chemin ne passe pas par les filets du gardien Yassine Bounou, mais par la division entre l’équipe et son public. Il est donc sage de ne pas voir nos tribunes comme une « cagnotte gratuite », surtout alors que nous accueillons une CAN avec un horizon mondial et une équipe candidate sur son sol, devant ses supporters, pour écrire un nouveau chapitre de l’histoire du football africain.

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