Le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, a déclaré lundi que le robot de conversation basé sur l’intelligence artificielle, « Grok », développé par Elon Musk, sera intégré au moteur d’intelligence artificielle générative de Google pour fonctionner au sein du réseau du département de la Défense des États-Unis (le Pentagone). Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large visant à intégrer le maximum de données militaires dans cette technologie en cours de développement.
Hegseth, lors d’une allocution à l’intérieur de l’entreprise SpaceX de Musk, au Texas, a précisé : “Très bientôt, nous aurons les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés au monde, sur tous les réseaux, qu’ils soient secrets ou non, au sein de notre ministère.”
Cet annonce intervient quelques jours après une vague de critiques mondiales visant « Grok », intégré à la plateforme « X » détenue par Musk, en raison de sa capacité à générer des images falsifiées de type « deepfake » d’ordre sexuel de personnes sans leur consentement.
Les gouvernements de Malaisie et d’Indonésie ont déjà interdit « Grok », tandis que l’Autorité indépendante de la sécurité numérique du Royaume-Uni a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête à son sujet. De plus, « Grok » a restreint la création et la modification d’images aux seuls utilisateurs abonnés.
Hegseth a précisé que « Grok » commencera à travailler au sein du département de la Défense d’ici la fin du mois de janvier, en s’engageant à rendre “toutes les données appropriées” des systèmes informatiques militaires accessibles pour « l’exploitation de l’intelligence artificielle ». Des données provenant de bases de données de renseignement seront également intégrées aux systèmes d’intelligence artificielle.
Cet engagement ferme de Hegseth en faveur de l’adoption de cette technologie, encore en développement, contraste avec l’approche de l’administration de l’ancien président Joe Biden, qui a encouragé les agences fédérales à établir des politiques et des usages pour l’intelligence artificielle. Cependant, cette administration a également fait preuve de prudence face aux risques d’abus, avertissant à l’époque des dangers de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la surveillance de masse, les cyberattaques, ou encore les systèmes d’armement autonomes létaux.

