Dans une démarche révélatrice de la fragilité des discours officiels, l’Algérie a récemment commencé à recourir à l’emprunt extérieur pour financer des projets internes, après des années de promotion d’une politique de « zéro dette extérieure » considérée comme un principe inébranlable lié à la souveraineté nationale. Ce changement ne se limite pas au domaine financier, mais met également à mal les narrations de l’information militaire algérienne, qui présentait le refus catégorique des emprunts extérieurs comme un signe de force de l’indépendance économique.
Un rapport de la revue « Jeune Afrique » révèle que l’Algérie a été contrainte de revoir sa stratégie de financement, en raison de l’augmentation des coûts des grands projets et de la baisse de la capacité à les couvrir par des ressources internes, notamment dans les secteurs des infrastructures et des transports. Parmi ces projets majeurs figure un vaste réseau ferroviaire s’étendant du nord au sud du pays, qui nécessite aujourd’hui un financement externe de plusieurs milliards de dollars, notamment auprès de la Banque africaine de développement.
Cette situation place les médias militaires dans une position délicate, après des années à dépeindre le rejet de l’emprunt extérieur comme une option souveraine, alors que les données actuelles révèlent qu’en réalité, l’Algérie doit abandonner ce principe. Le rapport souligne que la dépendance continue de l’économie algérienne aux revenus des hydrocarbures accentue la pression sur l’État, rendant le financement externe inévitable, en dépit de tous les discours officiels qui ont tenté de le présenter comme un danger pour la souveraineté.
Ce récent tournant en Algérie met en lumière l’incohérence entre le discours officiel et médiatique, qui a toujours cherché à représenter l’État comme un bastion contre la dette extérieure, et la réalité pratique qui impose une adaptation aux besoins de financement et à la réduction des ressources internes. Entre des narrations de puissance continue et les dures réalités du financement, se révèle aujourd’hui l’ampleur de l’écart entre l’image médiatique et la réalité économique.






