Maroc-Israël: Le rétablissement des relations « rectifie un lapsus de l’Histoire », selon un chercheur dano-marocain

Maroc-Israël: Le rétablissement des relations « rectifie un lapsus de l’Histoire », selon un chercheur dano-marocain

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Par Houcine MAIMOUNI

Le rétablissement des relations entre le Maroc et Israël est une occasion de « rectifier un lapsus de l’Histoire du Royaume qui resterait tronquée sans son affluent hébraïque », a souligné Abdellah Sabih m
Joshua, professeur à l’Université de Roskilde, au Danemark.
« Je crois que la reprise des relations entre le Maroc et Israël est une chance inouïe de restituer au Royaume son aura spirituelle et intemporelle sous l’égide d’Imarat Al Mouminine », a affirmé M. Sabih dans une déclaration à la MAP.
Fort de son histoire plurimillénaire, de sa tradition du vivre-ensemble, de son sens inné de la modération et du juste milieu, le Maroc a depuis le temps des Idrissides constamment nourri cette particularité d’être un État-Nation, a-t-il expliqué.
« Rares sont les pays qui, comme le Maroc, ont cultivé ce référent singulier où le politique et le religieux s’imbriquent avec aisance et harmonie pour conférer au Royaume la dimension d’un État transnational », a-t-il poursuivi.
Et c’est précisément à l’aune de ce constat qu’il importe, selon lui, de revisiter la mémoire judéo-marocaine et d’apprécier l’approche du Maroc dans la gestion de ses rapports avec ses minorités, « une démarche qui tranche nettement d’avec celle de nombre de pays ayant cédé, sous divers slogans, à la déportation de leurs communautés juives ».
Pour M. Sabih, malgré les bouleversements nés dans le sillage de la Guerre froide et les secousses exacerbées par la montée des idéologies extrémistes, le Maroc a préservé, sous la protection d’Imarat Al Mouminine, ses minorités juives et maintenu des liens jamais démentis entre le Sultan et ses sujets, indépendamment de leurs confessions.
« Il s’agit-là d’un fondement anthropologique immuable de la Nation marocaine qui a toujours privilégié la paix religieuse, ou plutôt la paix interconfessionnelle si chère à l’historien marocain Haïm Zafrani », a-t-il précisé.
Vu sous ce prisme, il n’est pas étonnant de voir la Constitution de 2011 souligner dans son Préambule l’attachement du Royaume à ses « affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen », dans le cadre d’une Nation qui entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible, a-t-il rappelé.
Or, c’est justement la diversité dans l’unité de ces multiples affluents que le Maroc a tout intérêt à faire intervenir dans l’échafaudage de son État transnational, a-t-il fait observer, relevant que la notion de paix interconfessionnelle constitue la pierre angulaire dans cet édifice.
« Ceci est d’autant plus vrai que les juifs marocains d’Israël ont patiemment développé une école de pensée juridique bien propre à eux ; une école traditionniste qui s’inspire des principes de la Masura et qui se veut un prolongement de cette paix religieuse façonnée en terre marocaine », a-t-il soutenu.
D’où l’intérêt, a-t-il poursuivi, de faire valoir « l’humanisme profond et la spiritualité intrinsèque de cette école de pensée qui risquent de péricliter sous les coups de boutoir des extrémistes de tous poils, comme les juifs ultra-orthodoxes et leurs semblables de l’autre camp ».
Évoquant dans ce sens les réflexions critiques adressées à la pensée sioniste par des philosophes comme Hannah Arendt (1906/1975) et Gershom Schoman (1897/1982), ou encore les nouveaux historiens Ilan Pappé et Meir Bouzagla, il a assuré que son souhait le plus cher serait de libérer « la spiritualité religieuse de l’emprise des fanatiques ».
« Au moment où le Maroc a entamé la restauration de nombre de synagogues, sanctuaires et cimetières juifs, mon vœu le plus ardent est de voir un Centre marocain de judaïsme séfarade », a-t-il conclu.
Professeur à l’Université de Copenhague pendant 20 ans, Abdellah Sabih Joshua compte à son actif plusieurs ouvrages et articles de recherche en arabe, français, anglais et danois. Il est l’auteur d’un livre à paraître prochainement sur le Maroc et les juifs marocains intitulé « Return to tradition and traditionalism ; Salafism, haridism, evangelism. Comparative study ».

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