Taza : l’Autorité locale prise en otage

Taza : l’Autorité locale prise en otage

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Express tv/✍belkacem amenzou:

 

«Bouiblane» est en colère. Culminant à 3192 mètres d’altitude, à environ 100 kilomètres de la ville de Taza, le «Djebel» suit avec angoisse ce qui se passe dans sa province que le dernier découpage administratif communal a dotée de 5 municipalités et 43 communes rurales en plus de six chefs lieux de communes rurales érigées en 6 centres urbains.

 

En fait, cette province serait livrée à son sort entre la rigueur du destin et l’injustice de ses élus. Au centre, la commune urbaine de Taza, composée de 39 membres, donne l’exemple et se distingue à l’échelle nationale, en matière de roublardise, du double langage et du conflit d’intérêts.

 

Un redoutable lobby «conduit» la ville de Taza, située à une centaine de kilomètres de Ketama, non pas selon les lois en vigueur, notamment celles de la loi organique relative aux communes, non pas uniquement selon ses propres intérêts au détriment de l’intérêt général, mais parfois suivant seulement ses fantaisies.

 

C’est ce que d’aucuns font remarquer en contemplant un immense complexe touristique bâti dans les environs de la ville, sur le territoire d’une commune, mais autorisé, tenez-vous bien, par une autre commune, alors que la population de la province le situe dans une troisième commune. Un triangle de Bermudes où l’autorité locale se serait noyée.

 

Apparemment, le conducteur de l’«engin» ayant construit le site en question, en lançant le chantier anarchiquement et clandestinement au départ, aurait agi selon la manœuvre du « fait accompli», mettant à profit ses connexions et ses affinités avec cette même autorité locale.

 

C’est ce que confirme la «situation» de la demeure personnelle du personnage qui fait aujourd’hui la pluie et le beau temps dans toute la province, même s’il est tombé de la dernière pluie. La formule tient en deux mots : Bâtir anarchiquement et entretenir autrement.

 

Il faut dire que la non-conformité serait devenue la règle dans la province à tel point qu’un établissement scolaire privé, lancé par l’état major du même lobby, surfe également sur les mêmes vagues de l’anarchie, de la clandestinité et des violations en cascade de la réglementation en vigueur.

 

Tout cela se passe au vu et au su de l’autorité locale de la province qui semble complètement aux abonnés absents. Elle l’était d’ailleurs pendant la «formation» et la manipulation des majorités à l’issue des élections de septembre 2021, lorsque ce même lobby a «nommé» les présidents de certaines communes suivant seulement ses fantaisies. Dans ce registre, des cas qui interpellent à plus d’un titre resteront dans les annales de la gestion de la chose locale à l’échelle nationale.

 

Et face à l’inaction de cette Autorité, le silence assourdissant des différentes composantes politiques de la province, la démission des notables de la région et l’indifférence de la société civile, force est de constater que le Djbel «Bouiblane» refuse de céder et refuse de se rendre.

 

Il prend toujours la parole pour s’adresser au monde en dénonçant l’injustice spatiale, sociale, la précarité, l’exclusion, les conflits d’intérêts, l’abus du pouvoir, le trafic d’influence et les manœuvres du double langage et de la roublardise.

 

Son message sera indubitablement entendu et réveillera les réseaux sociaux à l’instar de novembre 2018, suite au décès tragique de Hamid Baali, retrouvé mort sous la neige, une semaine après sa tragique disparition.

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