Le «Renseignement» ne se déshabille jamais…

Le «Renseignement» ne se déshabille jamais…

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Express tv/✍Belkacem Amenzou:

Depuis que le monde est monde, chaque pays mobilise des agents et effectue des missions de renseignements. D’ailleurs, comme le souligne Mark Lowenthal, chercheur, professeur et auteur américain spécialiste du renseignement, «le renseignement existe parce que les gouvernements cherchent à cacher certaines informations à d’autres gouvernements, qui, à leur tour, cherchent à découvrir des informations cachées», ou difficiles d’accès.

De ce fait, le Renseignement, (intelligence pour les anglo-saxons), ne constitue pas seulement un mode d’information et de connaissance ; mais aussi et surtout un processus de puissance.

Ce processus est mis en œuvre par le Pouvoir pour gérer, au niveau national, l’équilibre entre la «norme» et le «système de contrôle» pour assurer la stabilité et la paix sociale; et à l’échelle internationale, pour «connaître et anticiper», en matière de défense et de sécurité nationale, dans un monde caractérisé par des relations machiavéliennes entre États, des rivalités commerciales accrues et de multiples tensions, sans oublier la politique de puissance dans le cybermonde.

Mais, dans tous les cas, le monde du Renseignement, sous différentes dénominations de ses services – intérieurs, extérieurs et militaires – est entouré du secret et du silence. Par sa nature profondément secrète, le Renseignement, (l’«arme» de paix, selon plusieurs chercheurs), recourt à des procédés de plus en plus sophistiqués pour recueillir le «bon renseignement». La matrice s’articule autour de «savoir», «comprendre» et «agir».

Sur toute la ligne, le maître-mot est donc la discrétion et le secret, en plus bien entendu de la compétence, afin de recueillir ce «bon renseignement» pour décrypter ensuite et analyser ce qui se passe «derrière les apparences».

C’est dire que tout ce que nous suivons aujourd’hui avec angoisse sur les réseaux sociaux et ce que nous relevons en filigrane dans des déclarations à travers certaines «fenêtres virtuelles», ou encore ce que laissent entendre certains bavardages de ce qu’on appelle «influenceurs» ou «youtubeurs», tout cela ne relève pas du Renseignement, ne s’inscrit pas dans sa logique et ne s’apparente pas à sa philosophie.

Dans ce registre, force est de constater qu’il s’agit vraisemblablement de sorties hasardeuses au parfum émotionnel dans certains cas, sur fond de règlement de comptes dans d’autres ; ou encore de manœuvres à des fins non avouées, ou pour mettre à profit la «proximité» virtuelle ou l’affinité numérique afin de faire chanter d’autres parties et dans certains cas pour lancer, relancer ou faire fructifier un business. Par ces dérapages, des «fonctionnaires du Secret» sont devenus le secret de Polichinelle.

Quoi qu’il en soit, le phénomène a pris des proportions alarmantes, portant préjudice aux institutions concernées et souillant l’image du pays.

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