NAJIBA JALA/
Hicham Jerando, figure désormais emblématique de l’extorsion et de l’escroquerie numérique, bascule dans une nouvelle dimension de scandale qui menace de bouleverser totalement son dossier judiciaire.
Depuis plusieurs semaines, des fuites explosives ont mis au jour ses conversations avec des victimes en détresse, suppliant ou négociant la suppression de contenus compromettants publiés sur les réseaux sociaux. Les enregistrements dévoilent également l’implication de complices, discutant avec Jerando des commissions sur ces opérations criminelles, révélant une organisation méthodique et impitoyable.
Mais la véritable bombe est survenue lorsqu’il a publié sur Facebook un message annonçant la diffusion prochaine de ses échanges avec « Majd », qu’il présente comme un officier de la DGED, tout en évoquant des tentatives de ce service pour acquérir la plateforme « Tahadi Info » et d’autres opérations financières. Cette révélation a immédiatement soulevé une question cruciale : Jerando est-il réellement en lien avec les services secrets ou a-t-il usurpé l’identité d’un officier pour intimider ses victimes et asseoir son pouvoir ?
La publication de ces conversations va bien au-delà d’une simple manipulation médiatique : elle révèle que Jerando ne travaillait pas seul. Elle laisse entendre qu’il représente des lobbies ou des parties ciblant le Maroc dans un contexte particulièrement sensible, alors que le Royaume se trouve au cœur de défis stratégiques liés au Sahara et à la Coupe d’Afrique. Cette dimension politique et géopolitique confère à ses agissements une gravité inédite.
À l’échelle internationale, la situation est tout aussi explosive. Si les autorités canadiennes, où certaines victimes résident ou ont été approchées, venaient à être informées de l’implication présumée de Jerando et de ses références à des agents des services secrets, cela pourrait ouvrir la voie à des enquêtes transnationales et compliquer davantage son dossier.
Les experts en cybercriminalité rappellent que l’usurpation d’identité d’un agent d’État constitue une infraction extrêmement grave, susceptible d’alourdir significativement la peine encourue par Jerando. Ses publications et manipulations sur les réseaux montrent également comment la cybercriminalité peut servir de vecteur à des stratégies de déstabilisation, mêlant intimidation, extorsion et enjeux géopolitiques.
L’affaire Jerando s’impose ainsi comme un avertissement dramatique : à l’ère numérique, la frontière entre crime individuel et opérations organisées de déstabilisation devient floue, exposant victimes et institutions à des risques inédits. Dans ce contexte, chaque fuite, chaque conversation publiée, prend une résonance qui dépasse largement le cadre judiciaire pour toucher le cœur même de la sécurité nationale.





