Le Maroc et Israël signent un plan d’action militaire commun pour l’année 2026.
La coopération militaire entre le Maroc et Israël entre dans une nouvelle phase avec la signature d’un plan d’action militaire pour 2026, qualifié de démarche qualitative visant à établir un cadre de coordination sécuritaire organisé et à long terme, dépassant les simples accords ponctuels pour une véritable alliance stratégique institutionnelle.
Selon des médias internationaux, dont Business Insider, ce plan a été adopté suite à une réunion de la commission militaire conjointe des deux pays, après plusieurs jours de consultations et d’échanges de directives stratégiques entre des responsables militaires de haut niveau, coïncidant avec le cinquième anniversaire de la reprise des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv dans le cadre des accords d’« Abraham ».
Le plan prévoit l’encadrement des consultations, des activités conjointes et du dialogue militaire tout au long de l’année 2026, permettant d’harmoniser les visions de défense face à l’évolution des menaces sécuritaires régionales, notamment en Afrique du Nord et dans la région du Sahel. Il inclut également la poursuite de l’acquisition d’équipements militaires défensifs et offensifs auprès de la société d’industrie militaire israélienne Elbit, dans le cadre de la modernisation des capacités des Forces Armées Royales et de la diversification de ses partenaires de défense.
Des sources sécuritaires israéliennes considèrent le Maroc comme un « partenaire clé dans le soutien à la stabilité régionale », soulignant que la coopération est passée d’un niveau symbolique à un partenariat sécuritaire organisé s’appuyant sur des mécanismes institutionnels permanents. Pour sa part, l’état-major israélien décrit l’accord comme un « jalon important dans le renforcement de la coopération sécuritaire avec le Maroc, principal partenaire pour la sécurité et la stabilité de la région ».
Au cours des dernières années, le Maroc a réorienté une partie de sa stratégie d’acquisition d’armements en se tournant de plus en plus vers des fournisseurs israéliens, au détriment de certains partenaires traditionnels en Europe et aux États-Unis, une initiative qui reflète un pragmatisme sécuritaire visant à améliorer la préparation militaire face aux mutations rapides de la conjoncture régionale.
Dans ce cadre, le Maroc a déjà acquis le système de défense aérienne Barak MX et a signé des contrats pour l’acquisition de satellites d’observation, en plus d’une commande de systèmes d’artillerie automotrice ATMOS 2000 de 155 mm, capables d’atteindre des cibles à plus de 40 kilomètres, dans le cadre d’un contrat estimé à environ 200 millions d’euros.
Israël voit dans le Maroc une porte stratégique vers le nord et l’ouest de l’Afrique, à la lumière de l’intensification de l’activité des groupes armés, des réseaux de contrebande et l’escalade des conflits indirects dans la région du Sahel, ce qui donne à ce partenariat une dimension qui dépasse le cadre bilatéral pour se projeter dans des enjeux régionaux plus vastes.
Malgré cette évolution rapide, la coopération marocaine-israélienne suscite encore des débats au sein de la société marocaine, surtout en raison de la persistance du conflit à Gaza et de la sensibilité de l’opinion publique face à toute forme de normalisation. Néanmoins, des observateurs estiment que le plan d’action 2026 confirme la volonté de Rabat de dissocier ses positions politiques officielles et son soutien à la cause palestinienne de ses considérations stratégiques liées à la sécurité nationale et à la stabilité régionale.
Selon les analystes, ce plan ne représente pas un simple accord technique transitoire, mais traduit une reconfiguration discrète des équilibres de sécurité en Afrique du Nord, consolidant ainsi le rôle du Maroc en tant qu’acteur régional cherchant à affirmer son indépendance dans sa prise de décision en matière de défense dans un environnement régional hautement instable.

