Le Maroc en tête : 5 économies africaines qui mènent la « révolution des classements » en 2026

Le Maroc en tête : 5 économies africaines qui mènent la « révolution des classements » en 2026

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Cinq économies africaines, dont le Maroc, s’engagent sur la voie d’une « révolution des classifications » en 2026, avec des prévisions de croissance qui redessinent la carte de la solvabilité sur le continent. Selon les estimations de Standard & Poor’s, ces pays devraient connaître les meilleures classifications depuis 2020, grâce à des perspectives de croissance optimistes, à la baisse des pressions inflationnistes et à une diminution relative des coûts de financement, tout en poursuivant l’implémentation de programmes de réforme financière dans plusieurs nations.

L’agence prévoit que la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) en Afrique atteindra environ 4,5 % en 2026, avec une amélioration modeste des finances publiques, le déficit budgétaire moyen devant diminuer à 3,5 % du PIB, contre 3,7 % en 2025. Cependant, cette amélioration demeure soumise à des risques, notamment la hausse des niveaux d’endettement et des pressions liées au financement extérieur.

L’année 2025 a été marquée par des relèvements de notation, touchant l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Togo et la Zambie. Le Maroc a même vu son classement passer à un niveau d’investissement, portant à quatre le nombre de pays africains classés dans cette catégorie.

Cependant, l’endettement reste préoccupant, les paiements de la dette extérieure des pays africains classés devant dépasser 90 milliards de dollars en 2026, l’Égypte en devant près de 27 milliards, suivie par l’Angola, l’Afrique du Sud et le Nigéria. De plus, le ratio moyen de la dette publique devrait se stabiliser autour de 61 % du PIB, sans réelle amélioration par rapport à 2025, en raison de l’accumulation des déficits et d’une base fiscale fragile.

Des trajectoires d’amélioration variées

En Afrique du Sud, les perspectives positives reflètent une amélioration progressive des performances économiques et financières post-COVID, soutenue par une politique de consolidation budgétaire et des réformes visant à contenir la dette et favoriser la croissance. Le Fonds monétaire international prévoit que le PIB du pays atteindra environ 410 milliards de dollars d’ici 2025.

L’Égypte, pour sa part, doit jongler entre des prévisions de croissance favorables et l’évolution de sa balance des paiements, tout en continuant à faire face à des pressions liées aux déficits publics et à l’endettement, y compris les obligations commerciales extérieures. Les estimations du Fonds monétaire tablent sur un PIB d’environ 347 milliards de dollars.

Quant au Nigéria, ses perspectives dépendent de la poursuite de réformes structurelles favorables à la croissance, malgré un déficit budgétaire contingent prévu autour de 4 % en 2026, en raison de la volatilité des prix du pétrole et de l’augmentation des dépenses d’investissement. Le PIB devrait être d’environ 188 milliards de dollars en 2025.

Pour le Maroc, l’agence observe un équilibre entre l’élan des réformes structurelles et la maîtrise du budget, face à des défis tels qu’un taux de chômage élevé et un revenu par habitant en baisse. Le PIB devrait atteindre environ 166 milliards de dollars, avec un potentiel d’amélioration de la classification si la croissance s’accélère et la performance financière s’améliore, ou si le pays se dirige vers un système de change plus flexible.

En ce qui concerne le Kenya, la perspective stable indique une diminution des risques de liquidité extérieure à court terme, soutenue par une augmentation des réserves de changes à environ 12 milliards de dollars, même si les coûts de service de la dette dépassent 30 % des revenus gouvernementaux, avec un PIB estimé à environ 132 milliards de dollars.

Des réformes profondes pour garantir la durabilité

Les experts soulignent que l’amélioration des notations de crédit ne se traduit pas nécessairement par une amélioration immédiate du niveau de vie, mais indique plutôt une réduction des risques de prêt pour les investisseurs internationaux. Ils insistent sur le fait que pour transformer cet élan en croissance à long terme, des réformes structurelles plus profondes sont nécessaires, telles que l’élargissement de la base fiscale, la réduction de la corruption, l’orientation des investissements vers des activités productives, ainsi qu’une gestion plus efficace des ressources naturelles.

Avec des pressions sociales croissantes et un coût de service de la dette en hausse, le maintien du mouvement d’amélioration des notations dépendra de la capacité des gouvernements à réaliser un équilibre délicat entre discipline budgétaire et satisfaction des demandes sociales, garantissant la pérennité des gains et la protection des économies contre les chocs externes.

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