Les investissements étrangers directs au Maroc ont connu une reprise marquante en 2025, renforçant ainsi la position du royaume sur la carte industrielle mondiale et consolidant son statut de pôle régional stratégique et destination privilégiée pour les capitaux productifs.
Selon les données de l’Office des changes, le flux net des investissements étrangers directs a atteint environ 28,4 milliards de dirhams en 2025, enregistrant une augmentation de 74,3 % par rapport à l’année précédente, dans un contexte international marqué par la redéfinition des chaînes de valeur et une compétition accrue entre les pays pour attirer les investissements.
Cette performance s’inscrit dans la continuité des réformes entreprises par le royaume ces dernières années, visant à améliorer le climat des affaires, moderniser le cadre juridique des investissements et renforcer la compétitivité globale de l’économie nationale. Ces efforts ont permis de diriger les investissements vers des secteurs à forte valeur ajoutée, tels que l’industrie automobile, l’aéronautique, l’énergie, les mines, le transport, le tourisme, l’immobilier et le commerce.
Face à la quête des groupes industriels mondiaux pour des plateformes de production stables, compétitives et connectées aux grands marchés, le Maroc tire parti de ses atouts structurels. Dans ce contexte, le professeur universitaire Mohamed Benchakroun a estimé que cette évolution reflète des transformations profondes que connaît l’économie mondiale dans un environnement géopolitique en mutation.
Benchakroun a expliqué, dans une déclaration à l’Agence marocaine de presse, que les activités industrielles, en particulier celles à forte intensité de production, sont redirigées vers des pays offrant une stabilité institutionnelle, des infrastructures efficaces et un accès privilégié aux marchés, soulignant que le Maroc attire une partie de ces investissements dans le cadre d’une stratégie visant à sécuriser les chaînes de valeur pour les groupes européens et asiatiques au niveau régional.
Il a également mis en lumière la vision royale en matière d’industrie verte, considérée comme un levier fondamental pour renforcer la compétitivité internationale. Ce cap positionne le royaume au cœur des mutations globales dans le secteur de l’énergie et accroît son attrait pour les investisseurs engagés dans la réduction des émissions de carbone.
En ce qui concerne l’énergie, il a noté que le dépassement de 40 % de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national, avec un objectif d’atteindre 52 % d’ici 2030, offre au Maroc une proposition énergétique à faible empreinte carbone, fiable et compétitive, soutenant ainsi son statut de pôle industriel durable.
Sur le plan logistique, Benchakroun a souligné l’importance des infrastructures portuaires, en particulier le port Tanger Med et le complexe portuaire et industriel de Nador West Med, ainsi que la proximité géographique avec le marché européen, le principal partenaire commercial du royaume.
Au niveau industriel, il a mis en avant la transformation structurelle que connaissent certains secteurs, notant que le taux d’intégration locale dans l’industrie automobile dépasse 65 %, avec une orientation vers des niveaux supérieurs, tandis que le taux d’intégration dans le secteur aéronautique approche 60 %.
Concernant les perspectives d’avenir, le porte-parole a identifié les régions du Sud comme une destination d’investissement prometteuse, notamment dans les domaines de l’hydrogène vert et des industries d’avenir, compte tenu de leurs atouts immobiliers, énergétiques et des opportunités dans la logistique, la pêche, les services et les infrastructures maritimes.
Il a conclu en affirmant que le défi principal réside dans la consolidation de cette dynamique à travers l’attraction de systèmes industriels intégrés combinant recherche, production et exportation, garantissant ainsi une valeur ajoutée locale plus élevée, la création d’emplois qualifiés et le renforcement durable de la souveraineté industrielle du royaume.

