Plus de soutien et des conditions plus strictes : BenSaid annonce une nouvelle phase dans la gestion du théâtre
Le projet de modification de l’arrêté relatif au soutien des projets culturels et artistiques, signé par le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi BenSaid, marque le début d’une nouvelle ère pour le théâtre national, caractérisée par une augmentation des financements et un lien entre l’aide et des critères de qualité et de professionnalisme. Ce projet ne se limite pas à des ajustements techniques, mais propose une vision complète pour réorganiser la relation entre l’État et les acteurs théâtraux, visant à améliorer l’efficacité de l’utilisation des fonds publics et à accompagner les transformations du paysage culturel.
L’augmentation des plafonds financiers se présente comme l’un des aspects les plus notables de cette transformation, le soutien à la production et à la promotion des œuvres théâtrales passant de 200 000 à 300 000 dirhams, tandis que le soutien à l’installation des troupes atteindra 800 000 dirhams. Des hausses ont également été mises en place pour les tournées nationales, les résidences artistiques et les ateliers d’écriture, témoignant de la volonté du ministère de soutenir tous les maillons de la créativité théâtrale, de la formation à la représentation et à la promotion, avec des budgets spécifiques alloués aux festivals tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Parallèlement, le projet propose de nouveaux mécanismes pour l’octroi des subventions, combinant facilité et contrôle, en augmentant le premier versement à 50 % pour garantir une liquidité suffisante au démarrage des projets, en contrepartie de lier les versements restants au respect des engagements artistiques et organisationnels. L’obligation de fournir des rapports financiers certifiés par un comptable agréé a également été instaurée, dans le but de renforcer la transparence et d’assurer un suivi précis de l’utilisation des fonds publics.
Concernant les conditions d’éligibilité, le projet adopte une approche plus stricte en exigeant une expérience minimale de cinq ans pour les troupes théâtrales, tout en insistant sur le principe de spécialisation et sur la formalisation des relations contractuelles entre divers intervenants. En équilibrant le soutien aux jeunes talents et le maintien de la stabilité des troupes établies, cette modification pose un défi majeur : dans quelle mesure ces réformes parviendront-elles à améliorer la qualité de la production théâtrale marocaine et à consolider son professionnalisme, dans un contexte de concurrence croissante ?






