Un rapport de la Confédération marocaine des très petites, petites et moyennes entreprises met en garde contre les pertes importantes que subissent ces entreprises au Maroc, estimées à au moins 30 milliards de dirhams par an, en raison de leur exclusion des marchés publics.
Le rapport souligne que la demande publique au Maroc représente un investissement annuel d’environ 350 milliards de dirhams, dont les petites entreprises devraient théoriquement bénéficier à hauteur de 20 %, soit environ 70 milliards de dirhams. Cependant, la réalité montre que cette catégorie ne reçoit qu’environ 10 %, créant un fossé financier annuel de 30 milliards de dirhams.
Ce phénomène est attribué à plusieurs obstacles, parmi lesquels des conditions administratives et financières complexes qui dépassent les capacités des petites entreprises, des délais de traitement des marchés qui ne correspondent pas à leurs ressources limitées, ainsi qu’une maîtrise insuffisante des procédures relatives aux marchés publics et l’absence d’accompagnement nécessaire.
L’étude a également noté que le système actuel de demande publique ne répond pas suffisamment aux spécificités des très petites entreprises. Les appels d’offres exigent des garanties bancaires, des budgets pluriannuels et des capacités de financement anticipé, des conditions difficiles à respecter pour ces entreprises.
D’autres contraintes structurelles ont été mises en avant, notamment la difficulté d’accès à l’immobilier, plus de 60 % des très petites entreprises demeurant sans espace adéquat, que ce soit en raison des coûts élevés ou de l’éloignement des clients.
Le rapport souligne également le faible niveau de qualification administrative, plus de 70 % des dirigeants de ces entreprises n’ayant pas de formation de base en gestion ou en entrepreneuriat, malgré leur contribution au système de formation professionnelle.
En outre, l’étude met en avant la limitation de l’adoption des technologies modernes, seulement 5 % des entreprises utilisant l’intelligence artificielle, ce qui accentue l’écart compétitif avec les entreprises plus avancées.
Enfin, en ce qui concerne l’ouverture internationale, seulement 10 % des entreprises sont exportatrices, en raison des coûts logistiques élevés et de l’absence de mécanismes de soutien ciblés, ce qui constitue un obstacle majeur à leur accès aux marchés internationaux.




