N.j
La justice canadienne vient d’envoyer un nouveau signal fort dans la lutte contre les dérives du cyberharcèlement, de la diffamation numérique et des campagnes d’extorsion menées depuis les réseaux sociaux.
Le 10 juin 2026, la Cour supérieure du Québec, à Montréal, a entériné un engagement judiciaire visant Abdelmejid Tounarti, connu sur les réseaux sociaux à travers la page « Lfercha », régulièrement citée dans plusieurs affaires liées à la diffusion de contenus diffamatoires, de harcèlement numérique et de pratiques assimilées à l’extorsion en ligne.

Dans cette décision, le tribunal oblige notamment le défendeur à retirer sous 24 heures l’ensemble des contenus visant le demandeur, à cesser toute publication future le concernant, ainsi qu’à mettre immédiatement fin à tout acte de harcèlement, de menace, de dénigrement ou de diffusion d’informations personnelles. Une décision d’une très haute nécessité à l’heure où de nombreuses victimes et leurs familles vivent depuis plusieurs années sous la pression permanente de campagnes numériques destructrices.
Le jugement intervient dans un contexte de multiplication des dossiers liés aux violences numériques transnationales. Et si cette affaire marque une nouvelle étape judiciaire, elle n’est toutefois pas la première visant Abdelmejid Tounarti. Plusieurs procédures et contentieux ont déjà entouré ses activités numériques au Canada, sans que cela ne semble réellement conduire à une prise de conscience de la gravité des faits reprochés ou du sérieux avec lequel la justice canadienne traite désormais ce type de dérives.
Car au fil des dernières années, le Canada est progressivement devenu un véritable eldorado pour certains mercenaires numériques spécialisés dans la diffamation, le chantage médiatique et les campagnes de destruction de réputation. Des profils comme Hicham Jerando ont largement contribué à installer cette mécanique transnationale reposant sur les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les systèmes de monétisation numérique.
Longtemps perçu comme un espace difficilement contrôlable juridiquement, l’écosystème numérique canadien fait aujourd’hui l’objet d’une réponse judiciaire de plus en plus ferme. Les tribunaux semblent désormais considérer que les atteintes répétées à la réputation, à la vie privée et à l’intégrité psychologique des victimes ne relèvent plus du simple “conflit numérique”, mais d’une véritable violence organisée pouvant avoir des conséquences humaines lourdes.
Cette évolution intervient alors qu’une autre procédure particulièrement sensible est actuellement en cours. Une poursuite en instruction, qualifiée par le ministère public marocain de traite d’êtres humains, continue de suivre son cours judiciaire. Un élément qui témoigne du changement d’échelle observé dans le traitement de certains dossiers mêlant cyberharcèlement, intimidation, exploitation psychologique et réseaux numériques structurés.
Derrière les écrans et les pseudonymes, la justice commence progressivement à rappeler une réalité longtemps ignorée : les violences numériques produisent des victimes bien réelles.
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