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Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a révélé l’ampleur des dommages causés aux infrastructures du Maroc suite aux récentes inondations, soulignant que l’objectif premier des barrages est de protéger les citoyens et d’assurer un approvisionnement continu en eau potable, en eau d’irrigation et en énergie hydroélectrique, tout en régulant l’écoulement des eaux pour éviter les dégâts.
Au cours d’une conférence de presse hebdomadaire, le ministre a précisé que le barrage du Wadi al-Makhazeen a reçu 1,462 milliard de mètres cubes d’eau, alors que sa capacité totale est de 672 millions de mètres cubes. Il a insisté sur le fait que le déversement vise à protéger l’infrastructure et à réguler le flux d’eau, et non seulement à répondre aux besoins. Dans le bassin de Loukkos, le stock a atteint 1,117 milliard de mètres cubes, soit 166 % de la capacité normale, après l’entrée de 1,031 milliard de mètres cubes en seulement 15 jours, nécessitant une intervention immédiate pour le déversement.
Concernant le barrage de la Unité, il a enregistré des apports de 3,48 milliards de mètres cubes, dont 1,4 milliard en une seule semaine, ce qui a contraint le ministère à augmenter le débit déversé de 200 à 2,200 mètres cubes par seconde, puis à le réduire par la suite à 1,300 mètres cubes, avant de l’ajuster à 800 mètres cubes après le vendredi.
En ce qui concerne le réseau routier, le ministre a signalé que 168 tronçons ont été endommagés, dont 124 ont été rouverts, tandis que 44 routes restent coupées. Les dégâts se répartissent sur les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Casablanca-Settat, Béni Mellal-Khénifra, et l’Oriental. L’interruption de la circulation sur la majorité des routes est attribuée à l’augmentation du niveau des eaux (119 routes), ainsi qu’à des glissements de terrain et des effondrements (49 routes) et à la chute de structures, en particulier dans les zones rurales.
Baraka a signalé que les interventions d’urgence ont permis de rouvrir les routes et de rompre l’isolement, tout en assurant un suivi constant de la situation pour évaluer les dégâts. Il a souligné la nécessité de mener les études requises pour la reconstruction sur des bases solides.
Le ministre a insisté sur l’importance de revoir les normes de construction des routes et des barrages pour faire face aux phénomènes climatiques extrêmes qui deviennent de plus en plus sévères et fréquents. Il a précisé que l’expérience récente a mis en évidence le besoin d’une plus grande flexibilité dans la gestion administrative, de développer la modélisation hydrologique et d’établir des cartes des zones menacées par les inondations, afin d’assurer la protection des citoyens et de renforcer la résilience des infrastructures face aux risques climatiques.



