Suivi
Younes Sekouri, ministre de l’Insertion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, a affirmé que les résultats de l’enquête nationale sur les unités de production informelles pour les années 2023-2024 révèlent des transformations significatives dans la structure du secteur informel au Maroc, soulignant que son intégration dans l’économie formelle constitue une priorité stratégique pour le gouvernement.
Le ministre a précisé, en réponse à une question parlementaire, que la contribution du secteur informel à la production nationale, hors agriculture et administration publique, a chuté à 10,9 % en 2023, contre 15 % en 2014. Il a considéré que cette diminution relative témoigne d’une intégration progressive d’une partie des activités dans le cycle économique formel.
En revanche, la valeur de la production a augmenté, passant de 409,4 milliards de dirhams en 2014 à 526,9 milliards de dirhams en 2023. De plus, le nombre d’emplois a crû de 2,37 millions à 2,53 millions au cours de la même période, malgré une réduction du taux d’emploi informel qui est tombé à 33,1 % de l’ensemble de l’emploi non agricole.
En ce qui concerne la répartition sectorielle, le commerce représente 44,1 % de l’emploi informel, suivi des services (28,7 %), de l’industrie (15 %) et du bâtiment et travaux publics (12,2 %). Près de 77,6 % de ces emplois se concentrent en milieu urbain, avec la région de Casablanca-Settat en tête avec 23,2 %, suivie par Marrakech-Safi à 14 % et Rabat-Salé-Kénitra à 12,9 %.
Sekouri a également souligné la précarité des conditions de travail dans ce secteur, notant que l’emploi salarié ne représente que 10,4 % de l’ensemble des emplois, et que 60 % des travailleurs ne bénéficient pas de contrats de travail, tandis que 77 % d’entre eux travaillent dans des relations personnelles ou familiales. La proportion d’unités constituées d’une seule personne atteint 85,5 %, réduisant la taille moyenne des unités de production à 1,2 personne.
Concernant la mesure de la taille du secteur informel, le ministre a indiqué que le taux de couverture santé parmi les travailleurs a atteint 29,3 % en 2023, tandis que l’emploi informel est estimé à environ 36 % du total des travailleurs actifs, selon une méthodologie fondée sur l’écart entre le total des travailleurs actifs s’élevant à 10,673 millions de personnes en 2024 et ceux déclarés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale et du secteur public.
Sekouri a confirmé que le gouvernement a lancé une feuille de route nationale pour l’emploi visant à créer 1,45 million d’emplois et à réduire le taux de chômage à 9 % d’ici 2030, en mobilisant 15 milliards de dirhams supplémentaires d’ici 2025. Le gouvernement poursuit également la mise en œuvre d’un projet d’universalisation de la protection sociale pour 11 millions d’indépendants et de travailleurs non salariés, ainsi que le soutien au statut de travailleur indépendant par le biais d’incitations fiscales et juridiques.
Le ministre a révélé qu’entre 2021 et fin septembre 2025, plus de 776 000 chercheurs d’emploi ont bénéficié d’un accompagnement, et que 872 500 personnes ont été intégrées via les programmes « Ouras », « Intégration » et « Incitation », en plus de la création de plus de 11 000 entreprises dans le cadre du soutien à l’emploi indépendant, ce qui a permis de générer 17 400 postes de travail.
Il a conclu en soulignant que le défi consiste à accélérer l’intégration du secteur informel dans l’économie formelle, à améliorer les conditions de travail décentes et à élargir la protection sociale pour des millions de travailleurs.



