Tunisie- L’UGTT veut des élections anticipées

Tunisie- L’UGTT veut des élections anticipées

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La scène politique tunisienne est, une nouvelle fois, à l’heure des tiraillements. Les clivages entre la présidence de la république et le président du parlement est en train de connaître des rebondissements qui risquent de coûter cher au pays du jasmin en guerre ouverte contre les effets du Covid-19.
Des différends entre Kaïss Essaied et le patron du parti Ennahda Rached El Ghannouchi qui ne date certes pas d’hier, mais qui sont en train de prendre de l’ampleur. La goûte ayant fait débordé le vase n’étant autre que la prise de position d’El Ghannouchi quant aux évolutions que connaît la Lybie.
En effet, au moment où Tunis opte pour un positionnement « équilibriste » entre Tripoli et Benghanzi, le chef d’Ennahda s’est clairement aligné du côté d’Ankara qui soutient le gouvernement d’Al Wifak mené par Fayz el-Sarraj. Et pas uniquement, El Ghannouchi l’avait indiqué aux autorités turques et de manière « très officielle ». Ce qui, bien entendu, n’a pas été du goût de Kaïss Essaied et d’autres forces politiques tunisiennes. Sachant, avance-t-on, que la politique étrangère relève des prérogatives exclusives de la présidence.
K.Essaied a fini par dégoupiller, à moitié, une bombe lors de son récent déplacement à Paris. Dans une interview accordée à la chaîne d’information française, France 24, est allé jusqu’à parler d’ « indications d’une ingérence externe en Tunisie de la part de forces qui tentent de ramener la Tunisie en arrière, en collusion avec des parties internes ». Bien que, « par devoir de réserve », le président tunisien n’était pas bavard sur les détails, il ne faut pas être devin pour comprendre à quelle « parties », il faisait référence.
Plus encore, dans une démarche tendant à la surchauffe, le parti d’El Ghannouchi, dont il préside aux destinées depuis quatre décennies, s’en est frontalement pris à l’actuel chef de l’Exécutif tout en appelant à l’élargissement de la coalition gouvernementale. Là encore, la position du chef de l’Etat tunisien a été tranchée: « L’élargissement de la coalition gouvernementale pourrait conduire à sa dislocation, à des démissions et à la chute du gouvernement ». Le tout sur fond d’une tension sociale de plus en plus soulignée, mais aussi des défis économiques que la Tunisie se doit de relever du fait du coronavirus.
Or, c’est justement dans ce contexte que la sortie, ce mardi 7 juillet, du patron du puissant syndicat du pays constitue un signal à ne pas prendre à la légère, estiment certains observateurs. En effet, lors du congrès de la fédération générale de l’information, le Secrétaire général de l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), a appelé à des élections anticipées, seul moyen, selon lui, à même de sortir la Tunisie de la crise. Poussant le bouchon plus loin, Noureddine Tabboubi a eu ces mots : « La situation est très difficile et il convient de mobiliser toutes les compétences pour améliorer la vie des citoyens plutôt que de faire de la politique ».

Par Gadi Abdelhadi

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