Bouchaib Foukar, le don de soi au service de la communauté

Bouchaib Foukar, le don de soi au service de la communauté

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Au siège de la Fondation de la Mosquée Hassan II de Casablanca, tout le monde l'appelle affectueusement Ssi L'haj.

Au siège de la Fondation de la Mosquée Hassan II de Casablanca, tout le monde l’appelle affectueusement Ssi L’haj.
Normal, il est à l’écoute de tout un chacun. Il ne fait pas l’important omnipotent ‘premier responsable’. Il dégage un charisme naturel. Sans le chercher, il impose le respect. Lui, c’est le Conservateur de la Fondation. Un homme d’un certain âge, mais qui ne fait pas son âge. Le grand public ne le connaît peut-être pas. Pourtant, ce natif de Hay Mohammadi (1947) est très connu notamment dans le milieu des intellectuels, des écrivains, des poètes, artistes-plasticiens et autres universitaires et chercheurs. Pas besoin d’en dire davantage. C’est de Bouchaib Foukar qu’il s’agit.

Cet ancien homme de l’autorité, qui a gravi plusieurs échelons de l’administration territoriale du Grand Casablanca, et dont le parcours a été couronné lorsqu’il assurait la mission de gouverneur de Hay Hassani, marque de son empreinte le fonctionnement de la Fondation de la Mosquée Hassan II. Depuis sa naissance jusqu’à nos jours. Laquelle Fondation a vu le jour en 2009. Avant, la gestion de la Mosquée a été assurée par un département relevant de l’Agence urbaine. Une gestion qui ne couvrait, en somme, que le volet « maintenance » et ce qui y touche.

Or, suite à la création de la Fondation, la Mosquée Hassan II est devenue plus qu’un lieu de prières, mais un édifice culturel. Un monument qui plus est participe, de manière décisive, au rayonnement à la fois de Casablanca et, par ricochet, du Royaume. Le tout en application des hautes instructions du Roi Mohammed VI qui entoure de sa sollicitude cette Institution qui est la Mosquée Hassan II.

Coup sur coup, on assistera à la mise sur pied de la mediathéque, de l’Académie des arts traditionnels et d’un Musée…Sans omettre de vue la multiplication des événements culturels (conférences, séminaires et autres expositions diverses…) qui y sont organisés. Du coup, Casablanca recouvrait, au fil des années, une « âme » qui risquait d’être engloutie dans ses aspects purement économiques, nous dit en substance le Conservateur de la Fondation.

Bouchaib Foukar, l’enfant de Hay Mohammadi, ne pouvait se sentir mieux dans son élément. En effet, la Culture, dans ses diverses dimensions, a de tout temps fait partie de son « être ». Comme tous les enfants de ce quartier mythique, chargé d’histoires qui font son Histoire, Foukar est passé par la Maison des Jeunes du Hay, où il s’adonnait, au début, à l’haltérophilie. À l’époque, il ne soupçonnait peut-être pas qu’il allait devoir soulever d’autres poids. D’autres responsabilités.

Qu’à cela ne tienne, l’enfant Bouchaib, tout en se concentrant sur ses études, baignera dans l’ambiance générale d’un quartier qu’il chérit. Viscéralement. Non sans un brin de nostalgie, il se rappelle des kilomètres qu’il devait parcourir, en aller-retour, pour suivre ses cours. Mais aussi, et peut-être surtout, ces moments si particuliers dont la naissance de « Rwad al-Qalam », « ihda-achar kawkab », le phénomène ghiwani, le TAS (bien sûr), les planches et on en passe ! Outre les pupitres de l’école, Foukar a énormément appris à l’Ecole de la vie. De ses rencontres et de ses diverses lectures. C’est qu’il adorait dévorer les livres. Une habitude qui ne l’a jamais quittée. Sa bibliothèque personnelle en donne, d’ailleurs, la démonstration grandeur nature et où on trouve toutes les disciplines. « Sous encadrement de mes parents, je me sentais comme un grand enfant ! », confie-t-il.
Or, c’est sans surprise qu’il avale un parcours scolaire sans faute. Très jeune, il se retrouve enseignant d’arabe de deuxième cycle au lycée Mohammed V.
La volonté d’aller plus loin chevillée au corps, Foukar aspirait à rejoindre le corps de la magistrature. Le destin en a voulu autrement. Il rejoint le ministère de l’Intérieur.

Outre son background aux multiples confluents, il avait deux licences dans la poche, une en Littérature et une autre en Droits. « Au fond, dit-il, je ne cherchais pas un statut. Je voulais être utile ». Et c’est son trait de caractère, selon nombre de ses connaissances.

Ayant grandi dans une famille qui lui avait inculqué les « grandes valeurs », Ssi L’haj est resté fidèle à ses principes, à son appartenance, à ses amitiés, à son quartier de naissance. Une mémoire vivante qui ne se renie pas. Avec, en particulier, un attachement sans faille à la valeur cardinale du « Partage ».
L’humilité en deuxième nature, il ne tire nullement une quelconque fierté personnelle de ce qu’il a entrepris, de ce qu’il entreprend ou compte entreprendre. « Je ne suis pas seul ! Il y a des équipes et des personnes derrière le travail fait et à faire ! », résume-t-il. Une démarche participative que ne manquent pas de mettre en exergue ses collaborateurs.

Sa devise: « Il faut apprendre à écouter pour pouvoir répondre ».

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