Bienvenue dans « Archives des inconnus », où nous voyageons dans le temps pour traquer les ombres qui hantent les ruelles obscures de l’histoire et refusent de révéler leurs visages. Après avoir dérivé dans les profondeurs de l’océan avec le vol malaisien, nous revenons aujourd’hui sur la terre ferme, précisément à Londres en 1888. Cette année-là, le brouillard n’était pas le seul phénomène à envelopper le quartier pauvre de Whitechapel ; il y avait aussi un terrorisateur marchant sur deux jambes, vêtu d’un long manteau et portant une valise noire, laissant derrière lui des traces que le temps ne peut effacer. Préparez-vous à arpenter les étroites rues pavées, car nous allons ouvrir le dossier criminel le plus célèbre et mystérieux du monde : le dossier « Jack l’Éventreur ».
L’histoire commence une nuit d’août froide, lorsqu’on découvre le corps de Mary Ann Nichols dans une des sombres ruelles de Whitechapel. Ce n’était pas un meurtre ordinaire ; la manière dont le crime a été commis témoignait d’une brutalité sans précédent et d’une précision chirurgicale qui fait frémir. Les victimes se succédèrent, l’une après l’autre, en quelques semaines : Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes, et enfin Mary Jane Kelly.
Cinq victimes connues sous le nom de « la quintessence légale », tuées toutes de la même manière : égorgées, suivies d’une dissection minutieuse des corps et d’une exérèse d’organes internes, habileté n’appartenant qu’à un chirurgien professionnel ou à un boucher aguerri, le tout dans la pénombre de la nuit, à proximité des patrouilles de police qui n’entendirent pas un seul cri.
Alors que Londres sombrait dans une mare de terreur, les bureaux de presse et de police recevaient des lettres mystérieuses écrites à l’encre rouge, se moquant de l’incapacité des enquêteurs à le capturer. Dans l’une de ces lettres, signée « Jack l’Éventreur », le tueur avait joint un demi-rein humain, qu’il prétendait avoir mangé, affirmant que ses meurtres n’allaient pas s’arrêter. Le quartier de Whitechapel est devenu le théâtre de la plus grande opération de chasse de l’époque victorienne ; des chiens policiers furent utilisés pour la première fois, des milliers de citoyens se portèrent volontaires pour surveiller, et des centaines de récits parlèrent d’un homme portant un chapeau haut de forme disparaissant dans le brouillard dès qu’une personne s’en approchait.
Mais la question qui hante toujours les chercheurs et les historiens plus de 130 ans après est : qui était Jack l’Éventreur ? Les théories abondent et la liste des suspects dépasse les centaines. Certains ont accusé Aaron Kosminski, un coiffeur polonais vivant dans le quartier, souffrant de troubles mentaux, et des analyses ADN récentes d’une écharpe trouvée près d’une des victimes lui ont attribué le rôle, bien que beaucoup doutent de la fiabilité de ces résultats. D’autres ont même osé incriminer des membres de la famille royale britannique, notamment le prince Albert Victor, supposément impliqué dans une liaison scandaleuse que le palais aurait voulu dissimuler en éliminant les témoins. Il y en a aussi qui ont cru que le tueur était un médecin éminent ou même une femme dont l’esprit s’était retourné contre la société.
En 1888, juste après le meurtre de la cinquième victime, les crimes cessèrent aussi subitement qu’ils avaient commencé. Jack l’Éventreur disparut, ne laissant derrière lui que des légendes. Est-il mort ? Est-il enfermé dans un asile ? Ou a-t-il tout simplement décidé d’arrêter de tuer après avoir assouvi son désir malade ? Son dossier est resté « ouvert contre inconnu » dans les archives de Scotland Yard, faisant de Jack l’Éventreur le prototype du tueur en série moderne, l’homme qui a prouvé que le brouillard peut cacher des secrets que la lumière de la vérité ne peut jamais percer. Ainsi, nous clôturons le dossier « le chirurgien londonien inconnu » dans les Archives des inconnus, laissant l’écho de ses pas résonner dans les ruelles de Whitechapel, comme un souvenir d’un mal qui n’a jamais été vaincu.



