Le parlement fédéral canadien a accueilli cette semaine le président du gouvernement kabyle, Ferhat Mehenni, pour discuter des développements concernant le dossier de l’indépendance de la République kabyle. Cette rencontre marque un tournant, attestant que la question kabyle s’étend au-delà des frontières locales et s’intègre à l’intérêt politique international.
Lors de la réunion du 25 février, étaient présents le chef du bloc québécois, Yves-François Blanchet, son prédécesseur Mario Beaulieu, ainsi qu’un certain nombre de parlementaires engagés sur les questions des droits humains et des enjeux internationaux. Les discussions ont porté sur la revendication du mouvement kabyle pour le droit à l’autodétermination et sur la recherche d’une reconnaissance internationale pour ce qu’il appelle « la République fédérale kabyle ».
Au cours de cette rencontre, la délégation kabyle a présenté des éléments concernant la situation politique et des droits de l’homme en Algérie, critiquant le classement du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) comme organisation terroriste, une mesure jugée comme un moyen de criminaliser l’activité politique du mouvement. Les questions des arrestations et des poursuites judiciaires visant des activistes de la région ont également été abordées, ainsi que des problématiques environnementales et économiques liées aux incendies de forêts et à l’exploitation des ressources naturelles.
Ce mouvement au sein d’une institution législative occidentale est perçu par les observateurs comme un signe de l’émergence d’un intérêt international pour la question kabyle, surtout en la présentant devant des représentants d’un État membre du G7. Bien que ce rendez-vous ne signifie pas un soutien officiel à la position séparatiste, il consacre néanmoins l’entrée du dossier kabyle dans les agendas de discussions au-delà des frontières algériennes.
Il semblerait que le dossier de l’indépendance kabyle ne soit plus une affaire interne, mais reçoive désormais une attention politique dans des sphères internationales, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle phase de dialogue diplomatique sur cette question.



