Najiba jalal
Le Moyen-Orient bascule. Ce n’est pas seulement un conflit régional. C’est un signe du monde qui vient. Un monde où le pouvoir frappe avant de demander la permission. Où les règles tacites ne comptent plus. Où le nouvel ordre mondial s’affiche dans chaque décision.
Donald Trump l’a dit : « une décision extrêmement grande et difficile concernant un État qui pratique l’amputation depuis 47 ans. » Ce n’était pas un hasard. C’était un signal. Quelques heures plus tard, les frappes américano-israéliennes sur l’Iran confirmaient la fin de l’ère de la retenue.
Une guerre systémique
Pendant des décennies, le conflit était indirect : frappes ponctuelles, milices, cyber-opérations. Chacun connaissait ses limites. Chacun savait que l’escalade devait être contenue.
Aujourd’hui, tout change. L’Iran riposte en projetant la tension vers le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et l’Arabie saoudite. Le Golfe n’est plus un théâtre secondaire. Il devient stratégique. La guerre frappe au cœur. Elle devient systémique.
La chirurgie militaire du nouvel ordre
L’opération révèle une mutation profonde : guerre algorithmique, cybernétique, précise. Les missiles balistiques et leurs plateformes de lancement sont des cibles immédiates. L’objectif réel : neutraliser le centre de décision.
Dans ce nouvel ordre mondial, la puissance se mesure à la vitesse, aux données, à la précision. Frapper le sommet est devenu une stratégie. Neutraliser le centre avant l’occupation du terrain.
Mais la technologie ne dicte pas l’histoire. La précision des frappes ne garantit ni effondrement du pouvoir, ni recomposition politique.
L’illusion de la décapitation
La logique est simple : un sommet abattu, la structure s’écroule. Mais l’histoire contredit la théorie. Les régimes idéologiques possèdent des mécanismes de continuité. Frappée au cœur, une nation peut se renforcer. L’extérieur ne dicte jamais entièrement l’intérieur.
Le Conseil national de la Résistance iranienne annonce un gouvernement provisoire. L’opposition y voit une fenêtre. Mais le nouvel ordre mondial ne fabrique pas les démocraties. Il redessine la carte des puissances. L’issue dépend des réactions internes. Elles sont imprévisibles. Parfois brutales.
Un monde sans arbitre
Le multilatéralisme s’efface. Les institutions internationales s’affaiblissent. Les alliances deviennent flexibles. Dans ce cadre, les conflits sont rapides, technologiques, imprévisibles. On peut frapper. On ne maîtrise jamais la fin.
Le vertige stratégique
Cette séquence n’est pas un affrontement bilatéral. C’est un laboratoire du nouvel ordre mondial. La décapitation devient méthode. La vitesse devient arme. Le signal politique précède l’action.
La question demeure : un régime théocratique peut-il être démantelé depuis l’extérieur, ou la pression ne fera-t-elle qu’accroître sa cohésion interne ?
Le Moyen-Orient expérimente aujourd’hui le vertige d’un monde où l’histoire avance plus vite que les certitudes. Où le pouvoir s’expose avant que la sagesse diplomatique ait pesé ses mots. C’est là que le nouveau mindset international se révèle.



